"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

J’aime trop la viande 7 septembre 2012

Quand on est végé, c’est une réponse qu’on obtient souvient lorsqu’on explique notre démarche : « C’est très bien ce que tu fais, mais moi, je ne pourrais pas… J’aime trop la viande »

 

Beaucoup de végé sont choqués par cette réponse. Et il y a de quoi, car en fait vous venez d’expliquer comment la consommation de viande peut être cruelle pour les animaux, dangereuse pour la planète et pour la santé de celui qui la mange et votre interlocuteur balaie tout cela d’un simple revers de la main pour mettre en avant son goût pour un aliment.

 

Mais, personnellement, c’est peut-être une des réponses pour lesquelles j’ai le plus d’indulgence. Je la préfère à « Oui, mais à toi toute seule, tu ne changeras rien » (da ! mais si tu t’y mettais, toi aussi, puis ta sœur, etc. qu’est-ce que t’en penses ?) ou autres « Arf, c’est la loi de la nature » (regarde autour de toi, dans ta maison toute équipée et dis-moi ce qui relève de la loi de la nature exactement ?). Non, finalement non, je ne suis pas choquée par l’égoïsme de cette affirmation « J’aime trop la viande« , et pour cause : moi-même c’est la réponse que j’ai toujours faite aux végés que je rencontrais, ou que je me faisais intérieurement en entendant parler du végéta*isme. Jusqu’au tout début de mon changement d’alimentation, je me disais encore : je n’y arriverais jamais, j’aime trop la viande.

 

 

Mais quelle frilosité se dégage de cette affirmation, quand on y pense !! C’est la peur de l’inconnu, c’est l’angoisse du changement de nos habitudes, c’est le petit être fragile à l’intérieur de nous qui craint d’être chamboulé et qui se raccroche à une certitude rassurante : la viande, c’est bon !!

Et bien, oui, certes, la viande c’est trop bon, vous aimez trop la viande et ne plus en consommer pour vous c’est le saut à l’élastique : ça vous fout la frousse ! Pourtant, vous verrez, tout comme le saut à l’élastique, une fois que vous aurez essayé, vous aurez envie de recommencer. Mieux : vous pourrez recommencer tous les jours et il n’y aura aucun risque que l’élastique casse.

 

Si vous avez encore un peu peur de manquer de quelque chose, regardez en arrière : n’y a-t-il pas des aliments que vous détestiez enfants et dont raffolez à présent ? A contrario, n’y en a-t-il pas d’autres à propos desquels vous vous demandez comment vous avez pu tant en manger à une époque alors que désormais leur seule vue vous dégoûte ?

 

Et oui, nos goûts évoluent et ce dans tous les domaines : esthétique, loisirs, et aussi culinaires. Parfois, ils évoluent sans qu’on s’en rende compte, d’autres nous pouvons décider nous-mêmes d’en changer. Vous verrez, vous allez découvrir énormément de nouvelles saveurs, l’alimentation végétale n’est pas un appauvrissement mais une explosion de nouveautés culinaires !

 

 

Est-ce que j’aime toujours la viande ? Oui. Mais, ce n’est plus du tout un aliment de premier choix pour moi. Comme je le disais dans mon précédent billet sur mes vacances, j’ai remangé de la viande cet été et ça m’a semblé bien fade par rapport à tout ce que je mange d’habitude. Et surtout, surtout, je choisis de ne plus consommer cet aliment que je considère comme néfaste à tous points de vue : bien-être animal, écologie et santé humaine.

 

Évidemment, ce n’est pas évident tous les jours. On ne devient pas « végé-strict » tout de suite. Cet été, en dehors des repas où on m’a imposé de la viande, j’ai choisi de goûter des spécialités tchèque à base de viande lors de mon séjour à Prague. Finalement, je me suis remise très vite à choisir des repas végétariens, car il me semblait vraiment que la nouveauté que je recherchais n’était pas si intéressante et ne faisait pas le poids face à mes convictions. Il m’arrive encore souvent, au restaurant, de choisir un dessert non végétalien, comme des mousses au chocolat ou autres gâteaux. Pourtant, pas plus tard qu’hier, j’ai choisi une superbe salade de fruit agrémentée de deux boules de sorbet mangue plutôt qu’un brownie et je ne l’ai pas regretté le moins du monde.

 

Les changements d’habitude, que ce soit dans le domaine alimentaire ou autre, ne se font pas en un jour. Mais ils sont possibles, souhaitables et le plus souvent enrichissants lorsqu’ils sont choisis, réfléchis et envisagés avec enthousiasme. Alors, je sais que vous aimez trop la viande, mais je suis sûre que vous allez adorer la cuisine végétale. De nombreux blogs (et le mien est certainement le plus pauvre en recettes) sont là pour vous proposer des idées de menus qui ne vous serez jamais venu à l’esprit.

 

 

PS : Cet article fonctionne aussi si vous remplacez « viande » par « lait » ou « fromages », etc.

 

PS 2 : Cet article ne fonctionne pas si vous vous contentez, en devenant végé, de remplacer la viande par du tofu ou autres substituts. Non, il faut vous engager pleinement dans l’alimentation végétale, diversifier vos aliments, prendre des risques dans votre cuisine 😉

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Parce qu’être végétalien, c’est plus qu’un simple régime alimentaire 27 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 22:28
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Les végétaliens se préoccupent du bien-être des animaux,

Les êtres humains sont des animaux,

Donc les végétaliens se préoccupent du bien-être humain.

Et oui, c’est aussi simple que ça ! Les végétaliens ( vous remarquerez – ou pas – que je dis « végétalien » et non « végan » car ce dernier terme me paraît être un anglicisme inutile : les anglophones ont « vegetarian » et « vegan », nous avons « végétarien » et « végétalien » ça convient très bien ! ooops, en fait en anglais, les trois termes co-existent… du coup en français c’est aussi logique d’en avoir trois, avec la nuance entre le végétalien qui a modifié seulement son régime alimentaire et le végan qui va plus loin… Je continuerai quand même à me donner l’étiquette « végétalienne » pendant un certains temps car je trouve que je n’en fais pas assez pour « mériter » le titre de végane – et en plus, ce dernier terme est souligné par mon correcteur d’orthographe, héhé ) récoltent souvent la remarque « Ah ben, c’est bien joli de s’intéresser aux animaux, mais y’a tant d’humains qui souffrent, ça devrait pas être prioritaire ? ». Et bien, la réponse est non : quand on peut faire les deux, pourquoi se priver ? Et la preuve, les végétaliens, si leur premier cheval de bataille est la cause animale, se soucient aussi des causes humaines.

J’utilise l’étiquette « végétaliens » par facilité, mais ce n’est pas un concept labellisé et chaque végétalien peut l’être un petit peu à « sa sauce ». Personnellement, je vois ça comme une sorte d’altermondialisme. C’est en me familiarisant avec les idées végétaliennes que j’ai retrouvé la volonté d’agir pour qu’un autre monde soit possible. Et il était, dès le départ, hors de question pour moi de m’arrêter à un simple changement de régime alimentaire. Il me fallait revoir toute ma consommation pour la rendre plus éthique : respectueuse de l’homme ( les travailleurs surtout, mais aussi les acheteurs ), de l’environnement et des animaux.

En Égypte, ce n’est pas toujours facile ( pas qu’ici, d’ailleurs, il est souvent difficile de trouver des produits qui concilient tous ces aspects, sans parler du manque d’informations ), car c’est un pays émergent dont le but est de « rattraper son retard économique », les questions environnementales ne sont pas vraiment une priorité. En première position, on a quand même le traitement des déchets et le recyclage, car le pays a énormément de déchets, très mal répartis sur le territoire ( la capitale compte 1/4 des habitants du pays, ça vous donne une idée ). Les moyens du changement ne sont pas encore là, mais les mentalités commencent à évoluer grâce à quelques campagnes, notamment dans les écoles. Du coup, je trie mes déchets : verre/papier/emballages/non-recyclable. Ce n’est pas un geste évident car il n’y a pas de conteneurs séparés comme en France : on sort les poubelles devant la porte de l’appartement et un seul bonhomme vient tout chercher, ce n’est qu’une fois arrivées à leur destination finale, le quartier des chiffonniers, qu’elles sont triées. Toutes les poubelles le sont, donc le but est de les séparer dès le début afin de faciliter le travail des chiffonniers, qui ont déjà des conditions d’hygiène pas top. Ensuite, je suis sûre que le papier et le verre sont recyclés, pour les emballages je ne sais pas trop comment ça marche.

Toujours niveau déchets, j’essaie d’utiliser le moins de sacs plastiques possible. C’est devenue une évidence en France, ça l’est beaucoup moins ici : seul Carrefour propose des sacs réutilisables ( mais ils donnent toujours à la caisse les sacs plastiques classiques ). Du coup, je me suis acheté un sac pliable Monop’ en France et j’essaie de l’utiliser pour mes achats ( j’avoue que j’y pense pas toujours, mais ça viendra ).

Pour les produits de beauté, pas de LUSH, mais The Body Shop, on peut trouver à y redire ( notamment c’est pas du 100% végétal ni 100% bio ) mais au moins c’est pas testé sur les animaux, c’est écolo et ça promeut le commerce équitable. Reste la possibilité de se bidouiller soi-même ses soins, perso je suis nulle pour ça, mais je vais lire avec intérêt le blog de Floradiane qui a l’air de proposer des astuces bien simples.

Niveau fringues et chaussures, je recherche des produits non seulement sans produits animaux ( cuir, laine ) mais aussi qui ont été fabriqués dans des conditions de travail décentes. C’est pas gagné, surtout pour les chaussures… Pour l’instant, j’en ai pas besoin, quand je me mettrai à chercher je ferai un article tout exprès. Les vêtements, il y a Mobaco : du 100% coton pour la plupart, parfois de la laine ( suffit de pas acheter les pulls ), souvent du lin. C’est pas de la marque végétalienne, on est d’accord, mais c’est du local, avec bonne rémunération des employés, c’est déjà ça.

Tout ça, c’est le quotidien. Mais il y a aussi beaucoup d’artisans qui font des produits intéressants. J’ai commencé à écrire cet article pour présenter les poteries Garagos : c’est le nom d’un village de Haute Égypte ( à 25km au Nord de Louxor ) où se trouve une grande poterie créée en 1955 à l’initiative deux pères jésuites français. La poterie a le nom du village et produit notamment de la vaisselle : assiettes, plats, services à thé, mugs mais aussi des articles de décor. Ils ont un site : Garagos Handmade qui présente leur travail. De mon côté, je viens de leur acheter plusieurs pièces. Leur artisanat est disponible soit directement à la poterie ( un peu loin, quand même ^^ ), soit lors de grandes expositions ( foire de l’artisanat, expositions dans les écoles religieuses francophones du Caire – notamment les Pères Jésuites et les Sœurs du Sacré-Cœur à Héliopolis ), soit encore dans quelques rares points de vente au Caire ( à ma connaissance la galerie Oum el Dounia au Centre-Ville et le couvent de Notre-Dame à Maadi ). Voici quelques photos de ce que j’ai acheté, tout leurs objets passent au four, au lave-vaisselle et au micro-ondes :

 

Etre végétalien en Egypte 3 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 22:53
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J’ai fait ce blog à la base pour raconter un peu comment vit un végétalien en Égypte. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de végétaliens ( francophones, de surcroit ) en Égypte. Quand j’ai changé de régime alimentaire, j’avais peur de ne pas pouvoir diversifier mes aliments comme il le faut : impossible de trouver du tofu, par exemple ! J’ai donc recherché sur la toile des co-végétaliens vivant en Égypte. Je n’ai trouvé aucun végétalien ; peut-être vivent-ils en parfaite autarcie ? En revanche, il y a quelques végétariens mais ils ne m’ont pas apporté les informations que je recherchais. J’ai dû faire mes propres « enquêtes » pour trouver des solutions. Car il est tout à fait possible d’être végétalien en Égypte.

Se faire accepter. Le végétarisme est très rare en Égypte, disons-le, mais il n’est pas inconnu. Quand j’ai commencé à dire que j’étais devenue végétalienne, personne ne m’a demandé ce que c’était, ni pourquoi, ça leur était évident. Je ne me suis pas spécialement sentie rejetée, ni jugée après avoir fait cette « révélation », peut-être un peu étiquetée « excentrique » mais cette étiquette s’accordant parfaitement avec mon statut d’Européenne, ça n’a pas changé grand-chose au regard qu’on portait sur moi. Évidemment, les gens se posent des questions, font des remarques mais, si l’on en croit les blogs des végétariens français, ça n’est pas propre à la mentalité égyptienne. Je pense même que les gens ici l’acceptent beaucoup plus facilement car, étant très religieux, ils sont très respectueux des croyances des autres ( certes, les conflits perpétuels entre Musulmans et Chrétiens et la quasi-exclusion des Juifs de la nation semblent être des contre-preuves de ce que j’avance mais ce sont des mouvements de foules, pas d’individus ) et par conséquent, personne n’a essayé de me faire changer d’avis ou de ridiculiser mon choix. Pourtant, je cache à tous nos proches ( sauf les vraiment très très proches ) que je suis devenue végétalienne. Paradoxe ? Oui, complètement ! En effet, si je le cache ce n’est pas dans la crainte qu’ils me jugent, me rejettent ou essaient de me faire changer d’avis mais au contraire parce que je ne veux pas être un fardeau pour eux. Je m’explique : si je le leur dis, ils vont être obligés de me faire des plats végétaliens lorsqu’ils nous invitent – oui, obligés, vous avez bien lu, car l’hospitalité est une valeur clé ici et je ne peux pas juste leur dire « ne préparez rien de spécial pour moi » car ce serait très impoli de leur part. Or, quand un Égyptien reçoit, il va en priorité servir des plats à base de produits animaux. Ces derniers sont chers et ce serait faire preuve d’avarice que de ne pas les utiliser. Mes hôtes seraient donc obligés de faire des plats exprès pour moi, que personne d’autre que moi ne mangerait et qui alourdirait encore plus leur charge de travail ( quand vous recevez dix personnes, vous faites à manger pour vingt ). Par conséquent, j’accepte ce compromis ( nous sommes rarement invités et à ces occasions j’essaie de manger le plus végétarien possible ).

Diversifier son alimentation. Au début, j’ai cru que ça allait être impossible. Jamais vu de tofu et autre tempeh, aucun lait végétal, on cuisine toujours les mêmes légumes : concombre, carotte, tomate, courgettes, poivrons, aubergine, un peu de laitue et de persil. Jamais vu de riz autre que le riz blanc, ni trouvé de farine d’autre chose que de blé. Qu’allais-je donc devenir ?? Et puis, finalement, on trouve beaucoup de choses, on apprend à en faire d’autres. Bien sûr, on ne trouve pas de magasins végé, pas de simili de produits animaux ( encore que j’en ai vaguement entendu parler, notamment du faux-steak haché, mais je n’en pas encore trouvé ). Mais on peut tout à fait se débrouiller. Niveau légumes, il y a beaucoup de choses : patates douces, navets, brocolis, chou-fleur, panaïs, chou chinois, chou violet, haricots verts, cornes grecques… Et j’ai même découvert un agriculteur qui fait des paniers bio. Je devrais ( conditionnel, car en ce moment ça chauffe… ) recevoir le premier demain matin, je vous en dirai des nouvelles. Ce monsieur devrait me fournir en petites merveilles qui ne se trouvent pas sur le marché ( pas frais, en tout cas, jusqu’à présent j’achetais des épinards et choux de Bruxelles en boite ) : épinard, choux de Bruxelles, chou romanesco, moutarde, carottes et tomates de toutes les couleurs, etc. Vous avez aussi les surgelés  Mais nous ne mangeons pas que des carottes, n’est-ce pas ? Niveau céréales, on a : le fameux riz blanc, des pâtes, mais aussi du couscous ( attention, vous le trouverez à côté de la farine et autres pâtisseries car il est cuisiné en dessert, à peu près comme le riz au lait ), du boulghour, du blé. Pour les légumineuses, on a pas mal de choix aussi : lentilles brunes et corail, haricots blancs, pois chiches, haricots rouges ( en boite en supermarché, sinon à trouver chez les grossistes spécialisés dans les légumineuses ). A Carrefour – bon, c’est pas très végé de faire ses courses à Carrefour, mais c’est là qu’on peut trouver le plus de diversité – vous avez un rayon bio qui vous propose du riz rouge de Camargue, des pousses de soja, du chocolat, des desserts à la crème de soja au chocolat, vanille ou caramel, on y trouve aussi ( à Carrefour, mais pas rayon bio ) des graines de soja, très utiles pour faire votre propre lait de soja. On trouve tous les oléagineux, notamment dans les supermarchés. J’ai trouvé une fois, à Carrefour, du lait de soja, mais ils ont arrêté ( de toutes façons, il était dégueu… ). Il faut donc aussi faire travailler ses petites mains : je fais moi-même mon lait de soja, de noisette et d’amande ( j’aime pas trop le lait d’amande, ça n’a pas trop de goût ) selon la méthode PIGUT ( lait de soja ou d’oléagineux ). On trouve partout, évidemment, le tahina ( purée de sésame ) et son frère jumeau le halawa ( purée de sésame sucrée, un peu genre nougat, qui se décline nature, à la pistache, au chocolat ). Ensuite, il suffit soit de faire preuve d’imagination ( mais c’est pas mon truc ) soit de chercher des recettes sur le net. Il existe aussi des magasins bio mais, comme ils se trouvent dans des quartiers où je ne vais presque jamais, je n’en ai encore « visité » aucun.

Aller au restaurant. Alors là, aucun problème ! Il n’y a que les fast-food américains chez qui vous ne trouverez rien ( à part les frites et le coca ) à vous mettre sous la dent. Quelques restaurants spécialisés dans les poissons et fruits de mer ou poulet peuvent aussi avoir une carte restreinte. Mais la grande majorité des restaurants sont veganfriendly. Et pour cause : les Chrétiens d’Égypte pratiquent le végétalisme pendant leurs jeûnes ( carême et autres ). Les restaurants sont donc habitués à préparer des plats « spécial jeûne » ( siami en arabe ) et, quand il n’y a aucun plat absolument végétal sur la carte ( c’est le cas dans quelques restaurants qui font de la cuisine européenne ) les serveurs ne sont pas du tout choqués quand vous leur demander de retirer les produits animaux. Quant à la cuisine traditionnelle égyptienne, elle est riche en plat végétaliens : foul ( purée de fèves ), taameyya ( que nous connaissons sous le nom de falafel ), koshari ( plat à base de riz, petites pâtes, lentilles et pois chiche, autant dire absolument complet !! ), hommos, tahina, divers plats à base d’aubergine et je dois sûrement en oublier d’autres.

Quelques enseignes très veganfriendly :

  • Cook Door ( un fast-food qui fait un peu « Subway égyptien » et qui propose quelques sandwichs et plats végétaliens – ont un service de livraison à domicile )
  • Tibesty Majestic ( fast-food de cuisine syrienne – ont un service de livraison à domicile )
  • Maison Thomas ( excellente pizzeria, qui ont deux pizzas à base de légumes, il faut leur demander de retirer la mozzarella – ont un service de livraison à domicile )
  • Felfela ( sandwicherie d’un côté, restaurant de l’autre, propose des plats végétaliens typiques )
  • Koshari El Tahrir ( comme son nom l’indique, restaurant de koshari )
  • et plein d’autres restaurants, la liste serait trop longue à faire car par définition tous les restaurants de cuisine égyptienne ou libano-syrienne vont avoir des plats végétaliens.
 

« Etre végéta*ien, c’est contre nature » et autres arguments fallacieux 17 janvier 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 20:22
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Bon, je vous l’ai déjà dit, je ne prétends pas détenir la vérité absolue et par conséquent je ne pourrais affirmer qu’être végéta*ien est la seule bonne façon de se nourrir. Je comprends qu’on ne soit pas d’accord. Mais il y a certains arguments qui me font sortir de mes gonds.

« Etre végétalien, c’est contre notre nature »

Alors, d’abord, on ne le répètera jamais assez l’être humain n’est pas carnivore, il est herbivore ( plutôt fructivore ) à tendance omnivore. Et on peut très bien vivre sans protéines animales.

Mais ce n’est pas la méprise sur le mode alimentaire de l’humain qui m’agace, c’est la notion même de « notre nature ». Mais qu’est-ce que ça veut dire, b***** de m**** ?? C’est le même argument qu’on retrouve face à l’homosexualité : « c’est contre nature » et pour approuver le sexisme « c’est dans la nature de la femme de s’occuper du foyer, dans celle de l’homme de ramener le pain ». Ah bon ? Je croyais que la grandeur de l’être humain justement était de dompter sa propre nature ? Je n’ai pas la science infuse, arrêtez-moi si je me trompe, je fais la liste ( non exhaustive, of course ! ) de quelques bons aspects de l’humanité :

  • la médecine : pas naturel
  • l’art : pas naturel
  • la littérature : pas naturel
  • la civilisation : pas naturel
  • la science : pas naturel
  • la gastronomie ( puisque c’est le sujet ) : pas naturel

Oops, mais il faudrait qu’on arrête tout ça, non ?

Je suis pourtant quelqu’un qui aime beaucoup la nature et je pense qu’on devrait s’en rapprocher un peu plus et surtout écouter notre corps avant d’écouter la télé, mais là vous voyez comme moi que ce genre d’argument « c’est contre nature » ne mène à rien, non ? Et les hamburgers, c’est dans la nature humaine ?

« Tu as bien pitié des animaux, mais y’a des humains qui sont dans des conditions bien pires, non ? »

Ah bon ? Tiens, je savais pas qu’il y avait des pauvres, des malades et des prisonniers politiques…

En général, quand on me dit ça, je réponds tout de suite « Oui, mais je ne mange pas d’êtres humains, donc je ne vois pas la perspicacité de ton argument, là… » Bon, ça c’est juste pour pas rentrer dans un débat stérile, car faut pas se leurrer, le débat sera stérile car la personne ne me dit pas ça pour qu’on discute de la condition humaine et des moyens qui sont à notre portée pour l’améliorer. Non, soyons, honnêtes, c’est juste le seul argument qu’elle a trouvé pour pour refouler la culpabilité que je fais ressortir en elle en lui montrant qu’il est possible de vivre sans manger d’animaux. Elle essaie de montrer que moi aussi je suis cruelle. D’ailleurs, ça m’amène au troisième argument que je n’aime pas entendre…

« Si on devait penser à tout ceux qui souffrent sur Terre, on n’aurait plus qu’à aller se pendre »

Ben oui, on vit dans un monde cruel. Et peut-être que si on arrêtait de se fourrer la tête dans le sable du prêt-à-penser, ça changerait les choses. Je suis bien placée pour en parler, parce que jusqu’à présent ça a toujours été mon attitude.

On sait qu’il y a des famines dans le monde, des guerres, de la pauvreté. Mais on peut pas vraiment y faire grand-chose parce que c’est loin de nous. Alors on y pense de temps en temps. On signe des pétitions, parfois on donne à des associations ou à des personnes qui font la manche. Mais le reste du temps on continue nos vies, parce qu’on vit qu’une fois et il faut bien en profiter.

Alors, attention, je dis pas qu’il faut s’auto-flageller et se mettre à mourir de faim pour être en parfaite empathie avec ceux qui souffrent. Je dis juste qu’il faut bien regarder si on n’aurait pas du sang sur les mains.

Je commence mon inventaire, voyez si vous voulez faire le vôtre :

  • mes chaussures, mon manteau, la moitié de mes fringues : made in China, probablement des enfants, au moins des ouvriers sous-payés et travaillant dans de mauvaises conditions ( je parle même pas du fait que les chaussures sont faites en mauvais cuir, donc exploitation animale et pollution supplémentaire ) à quoi il faut rajouter la distance pour importer ces marchandises, donc belle empreinte carbone
  • mes meubles : ben, je sais même pas d’où ils sortent, qui les a fait, comment ?
  • mes appareils électro-ménagers : 80% made in China ou Corée ou autre pays qui n’a pas un droit du travail fantastique, souvent des usines qui ont délocalisé et licencié à foison en Europe

Bon, je m’arrête là, mais je pourrais continuer : mes déchets, mes shampooings, tous ces trucs que j’achète alors que j’en ai déjà d’autres, lesquels je vais donc jeter… Non seulement je pollue, mais je contribue à faire fonctionner un système qui repose sur l’exploitation de l’homme par l’homme. Je crois qu’on peut vraiment réfléchir deux secondes avant d’acheter des choses : par qui est-ce fait ? dans quelles conditions ? quelle empreinte carbone ? n’en ai-je pas déjà ? ne puis-je pas m’en passer ?

Je vais m’appliquer à le faire et je vous ferai quelques articles sur comment réussir à ne pas alimenter le côté obscur du système.

 

Petit-déjeuner végétalien équilibré : un vrai casse-tête 2 janvier 2012

Quand j’étais petite, comme beaucoup d’enfants français ( et européens ), je mangeais soit des céréales avec du lait, soit des tartines de beurre et de confiture. Et puis, j’ai continué comme ça jusqu’à commencer la chrono-nutrition, qui préconise de manger gras le matin, je mangeai donc un croque-monsieur tous les matins. En devenant végétalienne, adieu le croque-monsieur, je suis tout naturellement retournée aux céréales et au pain/beurre ou confiture.

Et puis, dernièrement, sur le forum chien auquel je participe ( si, si, un forum chien, vous seriez étonnés de tout ce dont on peut parler sur un forum chien ), quelqu’un a mis en évidence le fait qu’il y a énormément de sucre ( simple) dans les céréales industrielles. Au début, je me croyais à l’abri car je mange du muesli, donc super régime, le truc bon pour la santé et tout et tout. Et puis j’ai regardé l’étiquette. Stupeur et tremblement : non seulement il y a du sucre ( comme ça, rajouté dans la liste des ingrédients, tu sais pas ce qu’il vient y faire, il est le troisième ingrédient après les céréales et les fruits oléagineux quand même, ça représente 20% de la valeur énergétique ) mais en plus il y a de l’huile de palme, ce qui est doublement terrible car premièrement c’est une des seules sources végétales de cholestérol mais en plus c’est la mono-culture qui détruit l’éco-système dans tant d’endroits dans le monde ( rappelez-vous, ils le disent dans « Home » ! tiens, encore un article à écrire sur ce sujet-là ).

Après, j’ai réfléchi ( ouais, y’a des jours j’arrête pas, faut pas croire ) à l’option qui me restait : le pain avec de la confiture. Mais c’est plein de sucre, ce truc, aussi… Bon, j’achète soit des confitures light soit des confitures au sucre de canne, mais quand même qu’est-ce que ça peut m’apporter d’un point de vue nutritionnel ?

Alors j’ai fait ma petite enquête. D’abord, il faut savoir que quand tu tapes « Petit-déjeuner équilibré » sur Google, t’as doctissimo en tête, évidemment ( évidemment ironique, car je ne me demande pourquoi ce site existe ) et ensuite des sites de régimes et un site d’assurance… J’ai pas trop aimé comme sources. Mais j’ai quand même réussi à faire ma sauce.

La liste de ce que doit comporter un petit déjeuner est assez claire et revient sur tous les sites :

  1. Boisson chaude ou froide
  2. Céréales
  3. Produit laitier
  4. Fruit frais ou jus
  5. Matière grasse

Puis, après avoir fouillé un peu, on a les précisions suivantes :

  1. Sucres complexes
  2. Fibres alimentaires
  3. Protéines
  4. Vitamines ( surtout C )
  5. Minéraux ( surtout calcium )

Là, on comprend mieux, mais on sait toujours pas où trouver tout ça…

On re-creuse donc. J’ai pas résolu tous mes problèmes et j’y vois toujours pas très clair mais :

  • Les sucres complexes on peut les trouver dans les céréales, donc dans le pain ou le muesli mais alors fait maison en achetant des flocon d’avoine auxquels on rajoute des oléagineux. On peut aussi les trouver dans les légumineuses, pour moi qui vit en Egypte je peux manger du foul ( purée de fèves ) par exemple. Les falafel aussi, mais ils sont frits donc pas à consommer tous les jours.
  • Les fibres alimentaires se trouvent dans les céréales et les fruits, donc pas de soucis pour elles.
  • Les protéines se trouvent soit dans les produits d’origine animale, c’est pourquoi on recommande souvent un laitage, soit dans les oléagineux ( ça tombe bien, y’en a dans le muesli ), les laits végétaux ( surtout de soja )
  • Les vitamines, on peut aller les chercher dans les fruits frais ou jus, surtout agrumes.
  • Les minéraux, dont calcium, c’est dans les produits animaux ou lait de soja.

Donc, je récapitule. On peut manger du pain avec de la margarine, ou de la confiture, mais ça doit vraiment être une très fine couche et au contraire la tranche de pain doit être épaisse, comme ça on a un bon rapport proportionnel. Ou alors on mange des céréales mais pas celles du commerce, ou en tout cas il faut bien lire les étiquettes. A côté de ça, il faut absolument manger un fruit. Et si on a choisi le pain et non les céréales, on doit compléter pour avoir un apport en minéraux, comme un yaourt de soja par exemple.

Par pitié, si quelqu’un en sait plus, aidez-moi !!

 

Comment tout a commencé 1 janvier 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 19:38
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Comme beaucoup d’entre nous, j’ai toujours aimé les animaux et été sensible à la cause animale mais, selon l’expression de Gary Yourofsky, j’avais de solides « œillères » qui m’empêchaient d’abandonner la viande et les produits animaux.

Comptez avec moi, je suis sûre que vous avez les mêmes a priori :

  1. L’humain est omnivore, c’est bon pour ma santé de manger des produits animaux, je ne peux pas aller contre ma nature ;
  2. C’est la chaine alimentaire, les prédateurs tuent leurs proies pour les manger, cela va à l’encontre de toute rationalité que d’appeler « cruauté » le fait de manger de la viande ;
  3. J’admire les végétariens/végétaliens ( désormais végéta*iens ) pour ce qu’ils font, mais j’aime trop la viande, le fromage, le lait…

Arrêtons-nous là, voulez-vous ? Je vais vous faire part des réponses que j’ai trouvées quand je suis vraiment allée les chercher :

  1. Oui, l’humain est omnivore. Mais qu’est-ce qu’être omnivore ? C’est de l’opportunisme. Un animal est avant tout herbivore ou carnivore et il peut se nourrir d’autre chose si ses aliments de base sont difficiles à trouver. L’homme est avant tout herbivore à tendance omnivore. Il est tout à fait possible, donc, de supprimer totalement les produits animaux.
  2. Oui, la chaine alimentaire, le fameux cycle de la nature, veut que le prédateur chasse sa proie. Chassez-vous ? Moi non, je vais au supermarché acheter mes barquettes de viande… Nous ne sommes plus des prédateurs, nous sommes des éleveurs. Jusque là, pas de problème non plus, sauf que nous élevons beaucoup plus que ce dont nous avons besoin et dans des conditions atroces. Regardez vous-mêmes un documentaire sur la vie du bœuf d’élevage depuis le moment où on l’a arraché à sa mère jusqu’à celui où on l’abat à la chaine et comparez-le à un documentaire retraçant la vie de la gazelle. Les deux finissent mangés par un prédateur, c’est vrai, mais duquel des deux peut-on dire qu’il a vraiment vécu avant de mourir ?
  3. J’adore la viande, le fromage et par dessus tout le lait. Ça ne changera pas.  Je n’ai encore que peu de recul pour argumenter sur ce point mais pour l’instant je découvre tellement de nouvelles saveurs ( en un mois, il n’y a que deux plats que j’ai mangé deux fois, tous les jours j’ai une nouvelle recette ) que RIEN ne me manque. Deux choses auxquelles je suis accro : les gâteaux au chocolat et le chocolat chaud. Pas de soucis, leur version végétalienne est à la hauteur de leur version « omnivore », la culpabilité en moins car pas de graisses saturées.

Et puis, ça ne s’arrête pas là. Quand vous creusez un peu, vous découvrez qu’être végétalien ce n’est pas seulement une question de droits des animaux. Vous découvrez que les élevages intensifs sont une source de pollution de l’air et des sols et qu’ils engouffrent la majorité des récoltes de céréales, qui pourraient être achetées par ( ou pour ) les populations en situation de famine. A partir de là, pour moi ça faisait beaucoup trop de « contre » pour rester omnivore et la question d’être végétarienne ne m’est même pas venue à l’esprit car ça ne change rien au problème de mon point de vue.