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To be or not to be… antispéciste 25 mars 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 23:15
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Être antispéciste c’est considérer que toutes les espèces animales sont égales et ont les mêmes droits.

Facile à dire, mais voyons un peu ce que ça implique :

  • Sur le plan alimentaire, les antispécistes sont végétaliens, puisque dans l’industrie agro-alimentaire les animaux sont rarement traités comme nos égaux mais plutôt comme des objets, des produits ou encore des machines à produire.
  • Mais cela ne s’arrête pas au régime alimentaire, les antispécistes sont végans, c’est-à-dire qu’ils n’achètent aucun produit ( y compris médicament ) contenant un ingrédient d’origine animal ni testé sur les animaux.
  • Enfin, les antispécistes condamnent les cirques, zoos et élevages d’animaux de compagnie car ils soumettent l’animal à notre mode de vie et restreignent sa liberté de circulation, de choix.

Alors, être ou ne pas être antispéciste ?

L’espèce humaine est-elle supérieure aux autres au point que cela lui donne davantage de droits que les autres espèces voire des droits sur elles ? Personnellement, j’ai toujours répondu négativement à cette question, avant même de me la poser clairement, ça a toujours été pour moi une évidence. Depuis toute petite, j’ai toujours éprouvé autant ( si ce n’est plus, mais là c’est de la naïveté car je pensais que les hommes étaient les seuls animaux capables de cruauté, ce qui est faux ) de compassion pour les animaux non humains que pour les humains. Depuis toute petite, je trouvais l’expression « c’est inhumain » absurde, puisqu’on l’utilise précisément pour des actions typiquement humaines : guerre, esclavage, etc. Mais cette position suffit-elle à faire de moi une antispéciste ? Je pensais que oui… jusqu’à ce que je réalise que nombre de mes actions ( même après être devenue végétalienne ) ne collaient pas à ma façon de penser : aller au zoo, acheter des produits sans me demander s’ils étaient testés sur des animaux, acheter du cuir…

 

Finalement, je suis plutôt d’accord avec les antispécistes. De plus en plus, je me rends compte qu’il est absurde d’aller au zoo ou au cirque ( sauf s’il n’y a pas d’animaux ). Quant à l’élevage d’animaux de compagnie, je suis partagée… Lorsqu’on voit le nombre d’animaux en refuge, qu’ils soient victimes de maltraitance ou abandonnés, les dérives de l’hypertype dans certaines races ( Carlins qui s’énucléent en éternuant, Cavalier King Charles qui souffrent de maux de tête permanents, etc. ), les poissons que l’on vend à n’importe qui sans expliquer leurs besoins primordiaux, etc. on se dit effectivement que le secteur des animaux de compagnie est une exploitation des animaux inacceptable. Toutefois, je n’arrive pas à condamner absolument l’idée même d’avoir des animaux de compagnie, à condition de les considérer vraiment comme de vrais compagnons, à égalité avec nous ( attention, je n’ai pas dit de faire de l’anthropomorphisme !! ), en veillant à satisfaire leurs besoins. Je suis certainement naïve, mais je crois à la collaboration entre l’homme et les autres animaux. La collaboration entre espèces est d’ailleurs présente dans la nature, à l’instar des oiseaux ( dont j’ai oublié le nom ) qui soignent les blessures des rhinocéros.

J’ai remarqué que lorsqu’on parle d’antispécisme, la discussion glisse souvent vers l’absurde : « Et si un chien et un homme se noient devant toi, qui vas-tu sauver ? » « Moi, si pour sauver tous les enfants du monde de la famine, il fallait tuer tous les chiens, je le ferais sans hésiter ». L’humain se sent menacé lorsqu’on lui parle d’égalité avec les autres espèces. Il se sent aussi rabaissé, criant à l’atteinte à la dignité humaine. Je ne crois pas que pour accorder une dignité aux autres animaux il faille diminuer la nôtre. Au contraire, il me semble que la dignité humaine est entachée par la cruauté de notre système envers les autres espèces.