"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Of films and bombs… 12 septembre 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 17:36
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J’ai pas mal d’idées d’articles en tête en ce moment (une recette de gâteau, un article sur la pierre d’alun et un autre sur la douance) et, conformément à la Charte de la Procrastination (j’ai bien dû la signer, un jour ou l’autre, je vois pas d’autres explication), je les mets tous à plus tard. Mais là, je suis trop énervée, dépitée, blasée, whatever, que je n’ai pas pû remettre à un autre jour.

 

Tout d’abord, mea culpa, je mentionne dans mon titre des films et des bombes mais il n’en sera pas exactement question à proprement parlé. Parce que le « film » qui fait couler tant de sang (et un peu d’encre) n’en est pas un mais une suite de scènes ridicules que, franchement, personne ne serait jamais allé regarder s’ils n’avaient pas provoqué les réactions sanglantes qu’on connaît. Pas de bombes non plus, mais du sang quand même : l’ambassadeur américain et trois autres employés de l’ambassade ont perdu la vie alors qu’ils évacuaient les lieux pris d’assaut par les protestataires.

 

En fait, j’hésite sur la position à prendre par rapport à ces événements. M’incliner devant l’intelligence tactique de ceux qui sont à l’origine de ce « film » (j’ai même pas envie de dire un navet, ce serait encore en-dessus de la valeur du truc), étant donné qu’ils ne se sont pas donné beaucoup de mal à le pondre mais qu’ils ont arrivés exactement là où ils le souhaitaient : l’Islam vu comme religion d’intolérance et d’ignorance. Ou alors me fracasser la tête contre un mur en voyant le nombre de personnes qui n’attendaient que cette occasion pour déclencher leur mini-guerre : contre l’Islam, contre les Juifs, contre les Coptes, contre l’Amérique… que sais-je encore ?

 

Une question m’a taraudée, tout de même, suite à une discussion sur FB : a-t-on le droit de faire un film qui se moque de la foi (ou de la non foi, qui pourrait y être apparentée) ?

Personnellement, je suis plutôt pour un minimum d’interdictions, donc je ne crois pas qu’il faille interdire ou censurer ce genre de « productions », même si elles me dégoûtent au plus haut point. Je ne suis pas non plus du genre moralisatrice et je me fiche de savoir si c’est « bien » ou « mal » de répandre ce genre de discours.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de m’imaginer la tronche de ce Sam Bacile, qui doit bien se marrer en voyant qu’avec la merde qu’il a pondu il a quand même bien réussi son coup, et me dire que ce type a quand même du sang sur les mains. On ne peut pas juste jeter un rocher dans la mare et ensuite se laver les mains en disant « Oops, je ne voulais pas la faire déborder, c’est simplement pour m’amuser ».

 

Alors, oui les réactions violentes ont été le fait de personnes dont l’ignorance est à peu près aussi vaste que leur foi est faible, oui ces personnes sont un mélange de moutons pour l’instinct grégaire et de loup pour la violence de leur agissements, oui l’intégrisme religieux est une plaie dont le monde souffre (si c’était la seule plaie, ma foi, nous nous porterions plutôt bien, tout de même). Mais non nous ne pouvons pas juste parler de « L’Innocence des Musulmans » comme d’un film parmi d’autres, nous ne pouvons pas nous contenter de mettre entre guillemets le fait qu’il avilie l’Islam et dénigre la foi des Musulmans.

 

Non, et surtout pas quand, le même jour, en France, Manuel Valls déclare que « S’attaquer à une religion, c’est s’attaquer à la République » en réaction à la profanation de la mosquée de Limoges… A moins qu’on considère désormais que la merde est un moyen d’action plus fort que des idées véhiculées à travers un film (si minable soit-il).

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La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ( à ce qu’il paraît… ) 11 janvier 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 20:48
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Un petit article pour vous faire partager ma « profession de foi », ma conception de la vie.

Je suis issue d’une famille chrétienne, catholique plus précisément, pas vraiment pratiquante et croyante à des degrés variables. En ce qui me concerne, j’ai suivi mon catéchisme depuis le CP jusqu’à la 3ème, j’ai été baptisée puis j’ai fait ma première communion, ma profession de foi et ma confirmation. Bref, le parcours modèle de l’enfant catholique. Je ne garde pas du tout de mauvais souvenirs de cet aspect de mon enfance. Je suis toujours allée à la messe avec plaisir, il y a même eu une période où j’y allais de moi-même tous les samedis soir. Je ne me suis pas sentie brimée ni culpabilisée comme c’est le cas pour certains. Au contraire, ce que j’en retiens ce sont de belles valeurs comme la tolérance ( le fameux « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » Jean 8;7 ), de générosité gratuite ( « Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » Mt. 6;3 – « A qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos » Mt. 5;42 ), de vie simple et conforme à ses principes ( « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » Mc 10;21 ). Je me considère donc comme chrétienne.

Mais ce n’est pas ma seule source de spiritualité. J’ai commencé à lire les philosophes ( d’abord Platon et Voltaire ) en 3ème. Je me suis aussi intéressée à l’ésotérisme et aux autres religions. J’en suis venue à la conclusion suivante : ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme mais l’homme qui a créé Dieu. La religion est pour l’homme un bâton sur lequel s’appuyer quand il contemple l’absurdité de sa condition, son insignifiance dans l’univers et que la tête lui tourne. Ce que je crois vraiment, c’est que la vie n’a pas de sens, ou alors un sens qui nous dépasse complètement et qui ne change rien au cours de nos existences. A chacun de nous de lui donner le sens qu’il veut. La religion en propose un tout préparé, avec des directives sur comment orienter ses actions. C’est pratique, mais personnellement je préfère décider du sens et du cours de ma vie. Je peux prier, à l’église ou chez moi, mais rarement dans l’optique d’un souhait à exaucer ; car pour moi, même si Dieu existe, il en sait plus que nous et ce ne sont pas mes prières qui changeront quelque chose à ses décisions. Je préfère agir quand je veux quelque chose, ou me résigner si je ne peux vraiment rien faire. Si je prie, c’est plutôt pour me recentrer, m’apaiser, retrouver ce en quoi je crois et ce qui m’importe quand le cours rapide de la vie me l’a fait perdre de vue.

La vie n’a pas de sens, donc, et c’est pourquoi je n’essaie pas souvent de convaincre qui que ce soit que j’ai raison. Je peux expliquer mon point de vue, je peux débattre, c’est la beauté de l’intelligence humaine, mais je ne peux pas dire « C’est un c*n, il ne comprend rien ». Non, « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » comme disait l’ancêtre.