"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Semaine mondiale de l’allaitement (SMAM pour les intimes) 17 octobre 2014

Filed under: Vie de maman — Lilou @ 20:31
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Cette semaine, c’est la semaine mondiale de l’allaitement. Ici nous sommes à 14 mois d’allaitement, avec zéro biberon de lait artificiel donné, sauf quelques millilitres à la maternité. J’en suis fière, car j’ai réussi à mettre à exécution mon projet. Avant l’accouchement,  je n’étais pas très confiante. J’entendais tant de mamans qui avaient échoué, les mots « crevasses », « engorgement », me faisaient peur. Plus que tout, je redoutais les syndromes de « jaipudlé », « bébéyveutpatéter », « lépanourrissantvot’lait » et autres légendes urbaines. J’avais quand même lu le livre du Dr Thirion sur l’allaitement, qui disait en substance que toutes les femmes peuvent allaiter, encore faut – il qu’elles aient les bonnes informations.
J’aurais aimé avoir un accouchement physiologique mais, faute de préparation adéquate (ça avait l’air si simple dans le livre de Gasquet, mais… rien ne vaut une préparation avec une SF ou, mieux,  avoir une doula), j’ai eu une péri et une injection d’ocytocine de synthèse. Coïncidence ou pas, bébé n’a pas instinctivement pris le sein lors du peau à peau et les 2 premiers jours ont été assez anxiogènes car il ne semblait pas arriver à téter. Mais, passées les premières 48h, mon allaitement a marché comme sur des roulettes.
En fait, il n’y a pas de secret : si vous voulez allaiter, renseignez-vous histoire de ne pas être désemparée au moindre souci, vous éviterez ainsi d’être vulnérable aux conseils soi-disant bien intentionnés ; faîtes – vous confiance ; faites confiance à votre bébé qui sait ce dont il a besoin et ne fais pas de caprices ; ne vous mettez pas la pression, écoutez – vous, écoutez votre corps, vous pouvez arrêter quand vous le souhaitez et seulement quand vous le souhaitez,  il n’existe pas de date limite d’allaitement. Allaiter n’est pas fatigant,  au contraire, pas de bib à préparer la nuit, on se réveille à peine, rien à transporter en déplacement, on peut siester tranquille avec bébé qui tète… Les crevasses et autres lymphangites existent, c’est vrai, mais on en vient à bout rapidement si on sait ce qu’il faut faire et elles ne sont pas systématiques (je touche du bois : je n’en ai pas encore eu une seule). On ne devient pas « esclave » de son bébé, c’est vrai que lors des « jours de pointe » on a un bébé greffé au sein mais c’est maximum 72h toutes les 6 semaines et encore,  là aussi, ce n’est pas systématique. Mon bébé a souffert (et encore aujourd’hui mais c’est bien moins fort et seulement épisodique) d’un RGO interne, il était très demandeur, les tétées commencent tout juste à s’espacer de 3h, mais ce ne sont pas ces dernières qui m’ont fatiguées,  ce sont les pleurs inconsolables que même elles ne calmaient pas.
Bref, allaiter c’est tout bénef, pas seulement pour bébé.

En Égypte,  c’est une évidence d’allaiter, la grande majorité des futures mamans allaitent à la naissance. Ce n’est pas très bien vu de ne pas essayer, donc je ne sais pas si on peut parler d’un choix. Le paradoxe c’est que les mamans sont très mal renseignées. La majorité des médecins préconisent l’allaitement jusqu’à 6 mois, mais ces mêmes médecins recommandent d’arrêter rapidement d’allaiter la nuit (en remplaçant les tétées de nuit par des tisanes pour bébé), d’introduire des farines (ah pardon, on dit « céréales infantiles » maintenant,  gnark gnark) à 3 mois (cf. le syndrome « lépluassénourrissantvot’lait »). De même, les conseils des femmes plus âgées ne sont pas toujours à propos. Le nombre d’anecdotes sur le bébé affamé parce que le lait de sa mère était en fait de l’eau que j’ai pu entendre ! Pour finir, la pudeur s’impose en public : impossible d’allaiter devant un homme, même de la famille (peut-être pas son père ou son frère, mais plus éloigné que ça, ça coince) alors imaginez dans un lieu public ! Il faut déjà cacher ses épaules et ses genoux… Bref, allaiter ne va pas de soi pour la génération actuelle des mamans, l’allaitement mixte est d’ailleurs la norme,  d’après ce que j’ai pu constater, et pas seulement dans les classes moyennes, ma concierge donne également du LA.
Par contre, allaiter est très bien vu. Moi qui m’étais bien renseignée et étais sûre de mes infos, j’ai pu éviter les pièges des mauvais conseils et je n’ai eu que des encouragements et des félicitations, venant de mon entourage proche comme des collègues de travail. Je commence tout juste à avoir des mines étonnées quand je dis que j’allaite encore, mais aucune pression pour arrêter venant de ma belle famille qui, au contraire m’a toujours soutenue et encouragée,  ma BM la première.
J’apprécie tellement d’allaiter et j’ai tant de peine en voyant ces mamans qui ont le désir d’allaiter,  qui veulent le mieux pour leur bébé mais sont victimes de la désinformation et finissent par baisser les bras, que l’idée de créer une association d’aide à l’allaitement est en train de germer dans ma tête.

Affaire à suivre.

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Les femmes du bus 678 16 avril 2012

Le harcèlement sexuel est un problème quotidien pour plus de 80% des femmes en Égypte.

  • Où ? Dans la rue, les transports en commun, notamment mais aussi au travail selon le métier exercé
  • Quand ? Peut-être importe l’heure du jour ou de la nuit, il n’y a pas « d’heures creuses »
  • Comment ? Cela va du simple « Assal » ( traduction littérale : « miel », ça correspond au « t’es bonne » français ) à l’attouchement
  • Qui ? Des hommes ordinaires sur des femmes ordinaires ; quels que soient la catégorie sociale ou le niveau d’études des hommes, quelle que soit la tenue des femmes ( niqab y compris ).
  • Pourquoi ? Je ne suis ni sociologue ni psychologue, mais il me semble que cela vient de plusieurs facteurs : la place des femmes dans la société, qui sont éduquées à se taire et à faire attention à leur réputation quand les hommes doivent mettre en valeur leur « virilité » ; la frustration des hommes face aux difficultés économiques qui rend les mariages difficiles ( les relations sexuelles hors mariage étant interdites – oui, oui, interdite par la loi ) ; le bouleversement des valeurs dans une société encore très traditionnelle et conservatrice qui peine à se positionner face aux valeurs occidentales diffusées par la mondialisation.

Ces raisons ne sont en aucun cas des excuses. J’explique, je ne justifie pas.

Le film 678 est inspiré d’une histoire vraie : en 2008, un homme a été condamné à 3 ans de travaux forcés pour attouchement sexuel ( en voiture, il a attrapé une femme par les seins et l’a trainée sur quelques mètres ), c’était la première fois qu’une plainte de ce type était enregistrée et portée devant un tribunal.

Le film est construit autour du personnage d’une employée administrative, Fayza, qui prend chaque jour un bus bondé ( le bus n°678 ) pour se rendre sur son lieu de travail et y subit systématiquement des attouchements si bien qu’elle préfère prendre le taxi malgré son maigre salaire. Après un énième attouchement et son budget se resserrant, elle va prendre des cours de « self-defense » ( ce n’est pas vraiment un cours de combat mais plutôt une sorte de réunion genre alcooliques anonymes pour redonner confiance aux femmes ). Même dans ces cours, les femmes ont du mal à admettre qu’elles ont déjà été victimes d’attouchement par peur d’entacher leur réputation ( car c’est la victime qui est souvent considérée comme responsable, ayant « provoqué » ).

Fayzia se fait secouer par la personne en charge du cours : elle ne doit plus se considérer comme victime mais se défendre et si un homme la touche, il mérite qu’on lui coupe la main. Prenant au mot ces paroles, le lendemain, alors qu’un homme lui met la main aux fesses, elle le pique avec une des épingles qui tiennent son voile. L’homme s’insurge, la traite de folle et elle n’ose pas se justifier par honte. Elle se fait éjecter du bus.

Mais peu à peu, elle prend confiance : alors qu’un homme la suit et la touche, elle sort une lime à ongles et la lui plante entre les jambes. Sur le coup, elle regrette son geste mais elle va recommencer avec deux autres hommes dans le bus. Si bien qu’une enquête de police est ouverte et qu’on en parle dans les journaux, ce qui va momentanément faire diminuer le harcèlement sexuel dans les lieux publics.

Après la première « agression-défense » de Fayza, elle va chercher du réconfort auprès de la responsable du cours de « self-defense », Seba, qui est elle-même victime d’attouchements. Lors d’un match de football auquel elle assistait avec son mari, elle a été happée par un groupe d’homme qui l’ont violée ( qui ne compte pas pour un viol en Egypte car pas de pénétration ). Son mari s’est ensuite détachée d’elle de manière égoïste, clamant qu’il avait besoin de temps pour lui-même comme s’il était, lui, la victime. Alors enceinte, sans qu’il le sache, Seba fait une fausse couche et finit par demander le divorce. Au début, elle soutient Fayza, puis commence à prendre de la distance quand elle voit que cette dernière continue de sang-froid.

Entre temps, elles font la connaissance de Nelly, une jeune femme qui travaille dans un service de télémarketing et se fait régulièrement harceler au téléphone par ses clients ( « Bonjour, je voudrais proposer les services de notre société » – « Mais moi j’ai autre chose à te proposer » … vous voyez le genre ) ; son supérieur la réprimande car elle raccroche dans ces situations, ce qui fait baisser sa productivité. Un jour, en traversant la rue pour rentrer chez elle, elle se fait attraper par les seins par le chauffeur d’un pick-up. Trainée sur quelques mètres, elle ne se tait pas, contrairement à ce qu’auraient fait les autres dans sa situation, mais elle lui court après et réussit à arrêter la voiture et faire arrêter l’homme. Au poste de police, l’officier refuse d’enregistrer une plainte pour attouchement, il voudrait que ce soit pour « coups et blessures ». Courageuse, elle insiste. Mais, après avoir affronté l’officier, elle doit faire face aux pressions de sa famille qui veulent qu’elle renonce à la qualification d’attouchement.

Voilà, c’est l’essentiel du film. Je sais qu’il est sorti dans quelques salles en France, donc il a été sous-titré, mais j’ignore s’il est disponible en streaming. Si vous le trouvez, je vous encourage vivement à le voir car il est très bien tourné. Il ne montre pas seulement le harcèlement sexuel mais aussi d’autres aspects de la vie des femmes en Égypte. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est que lorsque le personnage de Nelly décide de porter plainte, on ne lui parle pas seulement de sa réputation mais aussi de la réputation de l’Égypte ; c’est aussi ce que je ressens, personnellement, je me dis que si je parle de ce phénomène, je fais une sorte de mauvaise publicité pour le pays, je ne lui rends pas justice. Mais c’est tout le contraire, en en parlant on peut espérer changer les mentalités et enfin rendre agréable la vie dans un pays qui a un peuple très accueillant et sympathique.

A lire pour en savoir plus :

La fiche Allociné du film

Article sur le film avec interview du scénariste

Article de l’OIF sur le harcèlement sexuel

Egypte : la plaie du harcèlement sexuel ( article Global voices )

Un article d’une blogueuse égyptienne ( en anglais )

 

Parce qu’être végétalien, c’est plus qu’un simple régime alimentaire 27 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 22:28
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Les végétaliens se préoccupent du bien-être des animaux,

Les êtres humains sont des animaux,

Donc les végétaliens se préoccupent du bien-être humain.

Et oui, c’est aussi simple que ça ! Les végétaliens ( vous remarquerez – ou pas – que je dis « végétalien » et non « végan » car ce dernier terme me paraît être un anglicisme inutile : les anglophones ont « vegetarian » et « vegan », nous avons « végétarien » et « végétalien » ça convient très bien ! ooops, en fait en anglais, les trois termes co-existent… du coup en français c’est aussi logique d’en avoir trois, avec la nuance entre le végétalien qui a modifié seulement son régime alimentaire et le végan qui va plus loin… Je continuerai quand même à me donner l’étiquette « végétalienne » pendant un certains temps car je trouve que je n’en fais pas assez pour « mériter » le titre de végane – et en plus, ce dernier terme est souligné par mon correcteur d’orthographe, héhé ) récoltent souvent la remarque « Ah ben, c’est bien joli de s’intéresser aux animaux, mais y’a tant d’humains qui souffrent, ça devrait pas être prioritaire ? ». Et bien, la réponse est non : quand on peut faire les deux, pourquoi se priver ? Et la preuve, les végétaliens, si leur premier cheval de bataille est la cause animale, se soucient aussi des causes humaines.

J’utilise l’étiquette « végétaliens » par facilité, mais ce n’est pas un concept labellisé et chaque végétalien peut l’être un petit peu à « sa sauce ». Personnellement, je vois ça comme une sorte d’altermondialisme. C’est en me familiarisant avec les idées végétaliennes que j’ai retrouvé la volonté d’agir pour qu’un autre monde soit possible. Et il était, dès le départ, hors de question pour moi de m’arrêter à un simple changement de régime alimentaire. Il me fallait revoir toute ma consommation pour la rendre plus éthique : respectueuse de l’homme ( les travailleurs surtout, mais aussi les acheteurs ), de l’environnement et des animaux.

En Égypte, ce n’est pas toujours facile ( pas qu’ici, d’ailleurs, il est souvent difficile de trouver des produits qui concilient tous ces aspects, sans parler du manque d’informations ), car c’est un pays émergent dont le but est de « rattraper son retard économique », les questions environnementales ne sont pas vraiment une priorité. En première position, on a quand même le traitement des déchets et le recyclage, car le pays a énormément de déchets, très mal répartis sur le territoire ( la capitale compte 1/4 des habitants du pays, ça vous donne une idée ). Les moyens du changement ne sont pas encore là, mais les mentalités commencent à évoluer grâce à quelques campagnes, notamment dans les écoles. Du coup, je trie mes déchets : verre/papier/emballages/non-recyclable. Ce n’est pas un geste évident car il n’y a pas de conteneurs séparés comme en France : on sort les poubelles devant la porte de l’appartement et un seul bonhomme vient tout chercher, ce n’est qu’une fois arrivées à leur destination finale, le quartier des chiffonniers, qu’elles sont triées. Toutes les poubelles le sont, donc le but est de les séparer dès le début afin de faciliter le travail des chiffonniers, qui ont déjà des conditions d’hygiène pas top. Ensuite, je suis sûre que le papier et le verre sont recyclés, pour les emballages je ne sais pas trop comment ça marche.

Toujours niveau déchets, j’essaie d’utiliser le moins de sacs plastiques possible. C’est devenue une évidence en France, ça l’est beaucoup moins ici : seul Carrefour propose des sacs réutilisables ( mais ils donnent toujours à la caisse les sacs plastiques classiques ). Du coup, je me suis acheté un sac pliable Monop’ en France et j’essaie de l’utiliser pour mes achats ( j’avoue que j’y pense pas toujours, mais ça viendra ).

Pour les produits de beauté, pas de LUSH, mais The Body Shop, on peut trouver à y redire ( notamment c’est pas du 100% végétal ni 100% bio ) mais au moins c’est pas testé sur les animaux, c’est écolo et ça promeut le commerce équitable. Reste la possibilité de se bidouiller soi-même ses soins, perso je suis nulle pour ça, mais je vais lire avec intérêt le blog de Floradiane qui a l’air de proposer des astuces bien simples.

Niveau fringues et chaussures, je recherche des produits non seulement sans produits animaux ( cuir, laine ) mais aussi qui ont été fabriqués dans des conditions de travail décentes. C’est pas gagné, surtout pour les chaussures… Pour l’instant, j’en ai pas besoin, quand je me mettrai à chercher je ferai un article tout exprès. Les vêtements, il y a Mobaco : du 100% coton pour la plupart, parfois de la laine ( suffit de pas acheter les pulls ), souvent du lin. C’est pas de la marque végétalienne, on est d’accord, mais c’est du local, avec bonne rémunération des employés, c’est déjà ça.

Tout ça, c’est le quotidien. Mais il y a aussi beaucoup d’artisans qui font des produits intéressants. J’ai commencé à écrire cet article pour présenter les poteries Garagos : c’est le nom d’un village de Haute Égypte ( à 25km au Nord de Louxor ) où se trouve une grande poterie créée en 1955 à l’initiative deux pères jésuites français. La poterie a le nom du village et produit notamment de la vaisselle : assiettes, plats, services à thé, mugs mais aussi des articles de décor. Ils ont un site : Garagos Handmade qui présente leur travail. De mon côté, je viens de leur acheter plusieurs pièces. Leur artisanat est disponible soit directement à la poterie ( un peu loin, quand même ^^ ), soit lors de grandes expositions ( foire de l’artisanat, expositions dans les écoles religieuses francophones du Caire – notamment les Pères Jésuites et les Sœurs du Sacré-Cœur à Héliopolis ), soit encore dans quelques rares points de vente au Caire ( à ma connaissance la galerie Oum el Dounia au Centre-Ville et le couvent de Notre-Dame à Maadi ). Voici quelques photos de ce que j’ai acheté, tout leurs objets passent au four, au lave-vaisselle et au micro-ondes :

 

La condition animale en Egypte 26 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 18:13
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Petite clarification dès le départ : je ne fais part dans cet article que de mes réflexions et expériences personnelles, ce n’est pas une étude ! De plus, je ne suis pas arrivée à trouver des chiffres fiables et intéressant sur le net à ce sujet.

Tout d’abord, n’oublions pas que l’Égypte ne nage pas dans le luxe ( encore que certains oui… ) et que la condition de l’animal humain n’est déjà pas la meilleure qui soit. Il serait donc ridicule de jeter la pierre trop vite parce que les animaux non humains sont mal traités : essayons de garder la notion des proportions.

Je ne parlerai ici que des animaux non humains, mais ferai le lien avec les humains quand il y lieu.

 

Les animaux de compagnie

La plupart des animaux domestiqués sont des chats et des chiens, mais les tortues, les oiseaux, les poissons et les hamsters sont aussi plutôt communs.

Tout comme en Europe, il y a les gens qui prennent des animaux de compagnie pour « faire bien », comme signe extérieur de richesse ou de modernité et d’autres qui sont de véritables passionnés. Je me rends compte que pour pouvoir faire un exposé complet, il faut que j’aborde plusieurs points.

L’élevage. L’Égypte n’est pas un membre de la FCI, ni de la FIFé ni d’aucune fédération internationale (je ne sais pas s’il en existe pour les NAC ), ce qui fait qu’il n’y a pas d’éleveurs au sens où on l’entend en France, pas de livre des origines, pas de pédigrée. Généralement, les gens ne savent pas qu’il existe un standard pour les races ( vous me direz, en France, beaucoup de propriétaires de chats et de chiens sont dans la même ignorance ) et ceux qui le savent achètent des chiens et chats importés ( beaucoup de Bergers allemands viennent d’Allemagne, pour les autres races c’est surtout d’Europe de l’Est ). Je vais surtout parler des chiens, car c’est le domaine que je connais un peu mieux, je ne crois pas que la situation soit très différente pour les chats ( sauf qu’ils sont un peu moins populaires ) mais je ne peux rien affirmer.

Pour acheter un animal de compagnie ( quelle que soit l’espèce ) il existe deux solutions : les animaleries et les particuliers. Les animaleries, comme en France ( pire, avouons-le ) c’est affreux : animaux non socialisés, retirés trop tôt de leur mère, nés dans de piètres conditions. Pourquoi pire  qu’en France ? Parce qu’en France il est interdit de vendre les chiots et chatons ( je sais pas pour les autres espèces ) avant qu’ils n’aient 8 semaines, alors qu’en Égypte on descend à 6 semaines et aussi parce qu’en Égypte les cages sont plus petites et/ou plus peuplées – j’ai vu des aquariums avec de beaux poissons chinois qui étaient tellement pleins que les poissons ne pouvaient même pas bouger, je me demande comment ils « respiraient ». Comme dans les animaleries françaises, les animaux viennent d’usines à chiots, surtout en provenance des pays d’Europe de l’Est, mais parfois ils sont nés sur le sol égyptien. Les particuliers, ça dépend, mais très souvent c’est du n’importe quoi : on met Kiki sur Koko sans réfléchir à autre chose qu’au prix auquel on vendra les bébés. Du coup, on privilégie les « mariages » entre individus de même race pour vendre plus cher, mais les croisements sont bien entendu très courant. Quelques particuliers ont des connaissances sur leur race et ont une démarche de choix des unions pour « produire » ( je vais me faire bouffer par les anti-spécistes, moi ) de bons sujets, mais ça reste très rare.

La stérilisation. Pour continuer le sujet de l’élevage. La croyance selon laquelle la stérilisation est une amputation de l’animal est très répandue et aucune campagne de sensibilisation n’est faite pour faire changer les mentalités. Un animal a besoin de s’accoupler pour être heureux, c’est bien connu ( et en plus, ça rapporte des sous, comme ça tombe bien ! ). Du coup, on a des reproductions à tout va et des bébés qui sont vendus à n’importe qui et finissent souvent dans la rue, quand ils ne sont pas revendus, passant de foyers en foyers, les uns plus incapables que les autres de les assumer.

La place de l’animal de compagnie dans la maison. Eh bien, déjà la place de l’animal de compagnie n’est pas toujours dans la maison. Beaucoup de chiens, par exemple, ont leur place sur le toit de l’immeuble ( Le Caire est une énorme ville à la densité de population très élevée et les toits sont des espaces très exploités : habitations, élevages de volailles ou même d’ovins – un mouton à la fois en général -, potager, … ). L’anthropomorphisme est monnaie courante, quand on ne traite pas les animaux comme des objets ( jouets pour enfants, notamment ), rien de nouveau sous le soleil quoi… On aime son animal mais on ne se pose pas trop de questions. On va chez le vétérinaire pour faire les vaccins ( et encore… si l’animal ne sort pas, à quoi bon ? ) mais on ne va pas se ruiner non plus ( sauf les foyers qui prennent leur animal pour un signe extérieur de richesse et qui ne regardent pas à la dépense ).

La nourriture. La plupart des gens donnent des restes de table à leurs animaux. Il n’y que les NAC qui y échappent. Sinon, les croquettes sont très vendues, surtout, pour les chiens, Royal Canin : parce que si c’est français c’est que c’est de qualité ( CQFD … ). Friskies et autres Pedigree sont aussi présents sur le marché. Que du bon, quoi ! ( beurk )

 

Les animaux de la rue

Il existe des chenils et autres associations de protection des animaux, mais ils sont bien trop peu en rapport avec le nombre des animaux abandonnés, qui bien sûr se reproduisent beaucoup. On trouve partout, des quartiers les plus populaires aux quartiers les plus huppés, des chiens et des chats des rues. Je compare souvent les chats égyptiens aux pigeons français : ils sont vus comme des animaux sales, des rapias qui rappliquent dès qu’il y a de la nourriture à récupérer. Comme les ordures sont éparpillées un peu partout dans les rues ( je donne pas une bonne image du pays, là, pourtant je l’adore, mais faut avouer que la gestion des déchets est un gros point faible ), c’est autour d’elles que s’établissent les meutes. Quelques bonnes âmes nourrissent les animaux des rues en leur mettant des restes de repas dans du papier journal, d’autres, moins charitables, leur distribuent des coups de pieds. Évidemment, ils ne sont pas dans un super état de santé. En Égypte, il existe une version assez spéciale de la fourrière : elle ne récupère pas les animaux, elle leur met une balle entre les yeux. C’est moins cher et plus efficace. Je vous entends d’ici appeler Brigitte Bardot : ne vous inquiétez pas, elle est déjà sur le coup et surtout, descendez de votre nuage, en Europe et aux USA les chiens des refuges sont aussi euthanasiés en masse et de plus en plus dans des chambres à gaz.

 

Les animaux de travail

Animaux de traits. Les chevaux et les ânes sont très souvent utilisés pour tirer les charrettes des vendeurs de fruits et légumes, de foul ( purée de fèves ), etc. Les plus riches ont des chevaux, les autres des ânes. On en voit quotidiennement sur les routes en pleine ville. Comme ce sont des animaux de travail, ils sont un coût et par conséquent les propriétaires en prennent généralement bien soin. Toutefois, ils ne le peuvent pas toujours, car s’ils ont des charrettes et non des véhicules à moteur c’est précisément par manque de moyens. Certains propriétaires sont violents avec leurs animaux, ça n’a rien d’un scoop non plus… Grosso modo, il doit y avoir 40% de ces animaux qui sont bien traités et les autres font peine à voir.

Animaux « de tourisme ». Essentiellement des chevaux et des dromadaires. Ce sont les moins bien traités à mon sens, surtout que leurs propriétaires n’ont pas l’excuse de la pauvreté car ils gagnent généralement très bien leur vie ( les touristes sont des pigeons, vérité universelle ). Ils sont achetés ( et marqués ) dès qu’ils sont en âge d’être montés ou de tirer une calèche, ils travaillent quelque temps, puis ils sont envoyés à la boucherie ( parcours classique quel que soit le pays ne vous indignez pas si vite ). Entre temps, beaucoup sont mal nourris et la majorité subissent des violences. C’est ceux qui me font le plus mal au cœur, car ils sont vraiment considérés comme des outils à fric. Attention, quelques uns sont bien traités, certains propriétaires les apprécient à leur juste valeur ( ce qui ne les empêchent pas de les envoyer à la boucherie ensuite… c’est en faisant un tour aux Pyramides avec un chamelier très sympa, que j’ai pu lui poser des questions à ce sujet et j’avoue que dès que j’ai appris le sort final du dromadaire sur lequel j’étais montée, je me suis juré de ne plus jamais y amener personne, même pas en choisissant celui qui traite bien son dromadaire !! ).

Chiens de sécurité et de garde. Comme en France, il existe une brigade cynophile dans la police et de nombreuses compagnies de sécurité utilisent des chiens. Certains propriétaires terriens et certaines entreprises utilisent aussi des chiens pour garder leurs propriétés.

 

Les animaux destinés à la consommation humaine

C’est le sujet sur lequel j’ai le moins d’informations. Tout ce que je sais c’est qu’il existe des élevages intensifs de volailles, d’ovins et de bovins mais ce n’est pas encore la norme. Beaucoup d’éleveurs sont « à l’ancienne » avec leur petit troupeau de quelques têtes. L’élevage se fait à la campagne mais on voit souvent des petits troupeaux en ville ( pas en Centre-Ville non plus, dans certains quartiers populaires, mais c’est quand même la ville, ils sont sur les trottoirs – quand ces derniers existent – avec leur mangeoires, habitués à ce que les voitures roulent tout près d’eux ) car beaucoup de particuliers achètent des bêtes entières, les laissent quelque temps sur leur toit puis les font égorger et les mangent, en particuliers lors des fêtes religieuses ( la fête musulmane du sacrifice, Aid el Adha, notamment mais les chrétiens aussi peuvent acheter une bête pour Pâques ou Noël, c’est une pratique traditionnelle pour les deux religions ).

Pour les poulets, il en existe des baladi ( littéralement « du pays » ), qui sont élevés soit sur les toits ( comme je l’expliquais plus haut ), soit à la campagne. Tous les autres viennent d’élevages intensifs. Les personnes qui élèvent les poulets en ville en général vendent les œufs et mais mangent eux-mêmes les poulets ( milieux plutôt pauvres ).

Il n’existe plus d’élevage de porcs depuis la pandémie de grippe porcine en 2009. Lors de cet épisode, le gouvernement a ordonné l’abattage de tout le cheptel porcin du pays. Les porcs étaient jusqu’alors élevés par les zabalins ( les fameux chiffonniers de Sœur Emmanuelle ) : ils leur servaient à traiter les déchets ( ils mangeaient les poubelles, quoi ) et leur vente constituait un revenu d’appoint.

Mon expérience personnelle. J’ai une chienne depuis 2 ans que j’ai achetée à une de mes connaissances ( la femme de mon beau-frère pour ne pas la citer ) qui possède la maman ( une croisée labrador ). Le papa, un Golden Retriever appartient aussi à un proche. Déjà, vous voyez le choix de l’union : plus proche, moins cher. C’était un achat purement égoïste, pour réaliser mon rêve d’enfant, parce que moi aussi je voulais un chien comme untel et unetelle… C’est nul, je l’admets et je les très vite compris : au bout de deux semaines, en commençant ( un peu tard, je sais ) à chercher des informations sur l’éducation des chiens et leur bien-être, j’ai compris que je ne pouvais pas lui offrir ce dont elle avait besoin. Déjà, pas possible de faire des balades quotidiennes : les rues du Caire n’ont pas toujours des trottoirs, la circulation est chaotique, les gens sont peu habitués à voir des chiens ( sauf les chiens des rues dont ils ont peur ) et réagissent mal… Je l’ai sortie les premiers temps, histoire quand même de la sociabiliser et de l’exposer au plus grand nombre possible de stimuli avant ses 4 mois, mais j’ai vite abandonné car c’était source de stress pour toutes les deux. Il n’existe qu’un seul club canin au Caire à ma connaissance, qui propose de l’agility et du mordant, mais c’est trop loin pour moi. Donc pour défouler ma chienne on joue à la balle sur le toit de l’immeuble ( ils servent à tout, ces toits, je vous le dis ) et de temps en temps je l’emmène dans un bout de « jardin » ( plates-bandes au milieu des routes ) pour jouer avec son papa. J’ai pensé la replacer dans une famille vivant dans un quartier avec plus d’espaces verts, mais je me suis rendue compte qu’aucune famille n’était prête à la sortir et que toutes lui aurait fait faire au moins une portée, alors je me suis résolue à la garder. Je l’adore et je ne crois pas qu’elle soit si malheureuse que ça, mais il est clair que je ne reprendrai pas de chien ( à moins de déménager dans un endroit où je puisse lui faire faire de grandes balades et des activités ) et que j’encourage toute personne qui me parle d’en prendre un à ne pas le faire. J’essaie aussi de convaincre les propriétaires d’animaux de ne pas les faire se reproduire car les bébés ne vivront certainement pas dans de bonnes conditions.

Pour conclure, la condition animale est plutôt mauvaise au Égypte, j’ai conscience d’avoir dressé un tableau assez noir, il ne reflète que ma propre vision des choses. Je sais qu’il y a de nombreux propriétaires d’animaux ( que ce soit de compagnie ou de travail ) qui les aiment et veulent bien faire, mais ceux qui se renseignent vraiment ( c’est-à-dire autrement qu’auprès des gens qui croient tout savoir parce qu’ils ont toujours eu des animaux et qui en fait ne savent rien ) sont rarissimes. Par contre, je ne supporte pas qu’on me dise que c’est dans la culture arabe de dévaloriser les animaux. Certes, l’influence de la religion monothéiste est forte : Dieu a créé les animaux pour servir l’homme ( je résume, mais pour beaucoup c’est ça ). J’entends souvent dire que l’Islam dévalorise les animaux. C’est faux. L’abattage halal à la base est aussi fait pour réduire les souffrances de l’animal en rendant sa mort rapide et imprévue ( interdiction de tuer un animal devant un autre, l’animal doit être tué dès qu’on l’immobilise ), mais avec l’industrialisation il a totalement perdu sa vocation et c’est devenu une boucherie comme une autre. Les animaux domestiques n’ont pas leur place à la maison dans l’Islam, c’est vrai. Cependant, les gens qui interprètent certains hadiths ( paroles du Prophète qui n’ont pas été révélées par l’ange Gabriel et donc ne sont pas dans le Coran ) comme affirmant que les chiens sont impurs se trompent, à ce qu’il me semble. Remettons les choses dans leur contexte : au 8ème siècle, dans le désert, il n’y avait pas de vaccins ni d’anti-puces, donc non ce n’était pas hygiénique de garder un animal à la maison, laquelle est aussi un lieu de prière ( aux dernières nouvelles, les chiens ne vont pas à la messe non plus ). De plus, cette interdiction de garder l’animal à la maison ne me semble pas mériter la diabolisation dont elle est l’objet car elle est proche de la vision anti-spéciste qui considère que les animaux n’ont pas à être domestiqués pour le plaisir des humains. En effet, si l’on lit d’autres hadiths, on se rend compte que l’Islam prescrit de respecter les animaux : interdiction de tuer un animal si on ne va pas le manger, récompense divine pour celui qui fait du bien aux animaux, obligation de bien nourrir et soigner les animaux de travail, interdiction d’avoir un animal qu’on n’utilise pas pour travailler ( donc on ne s’amuse pas avec les animaux )…

 

Etre végétalien en Egypte 3 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 22:53
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J’ai fait ce blog à la base pour raconter un peu comment vit un végétalien en Égypte. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de végétaliens ( francophones, de surcroit ) en Égypte. Quand j’ai changé de régime alimentaire, j’avais peur de ne pas pouvoir diversifier mes aliments comme il le faut : impossible de trouver du tofu, par exemple ! J’ai donc recherché sur la toile des co-végétaliens vivant en Égypte. Je n’ai trouvé aucun végétalien ; peut-être vivent-ils en parfaite autarcie ? En revanche, il y a quelques végétariens mais ils ne m’ont pas apporté les informations que je recherchais. J’ai dû faire mes propres « enquêtes » pour trouver des solutions. Car il est tout à fait possible d’être végétalien en Égypte.

Se faire accepter. Le végétarisme est très rare en Égypte, disons-le, mais il n’est pas inconnu. Quand j’ai commencé à dire que j’étais devenue végétalienne, personne ne m’a demandé ce que c’était, ni pourquoi, ça leur était évident. Je ne me suis pas spécialement sentie rejetée, ni jugée après avoir fait cette « révélation », peut-être un peu étiquetée « excentrique » mais cette étiquette s’accordant parfaitement avec mon statut d’Européenne, ça n’a pas changé grand-chose au regard qu’on portait sur moi. Évidemment, les gens se posent des questions, font des remarques mais, si l’on en croit les blogs des végétariens français, ça n’est pas propre à la mentalité égyptienne. Je pense même que les gens ici l’acceptent beaucoup plus facilement car, étant très religieux, ils sont très respectueux des croyances des autres ( certes, les conflits perpétuels entre Musulmans et Chrétiens et la quasi-exclusion des Juifs de la nation semblent être des contre-preuves de ce que j’avance mais ce sont des mouvements de foules, pas d’individus ) et par conséquent, personne n’a essayé de me faire changer d’avis ou de ridiculiser mon choix. Pourtant, je cache à tous nos proches ( sauf les vraiment très très proches ) que je suis devenue végétalienne. Paradoxe ? Oui, complètement ! En effet, si je le cache ce n’est pas dans la crainte qu’ils me jugent, me rejettent ou essaient de me faire changer d’avis mais au contraire parce que je ne veux pas être un fardeau pour eux. Je m’explique : si je le leur dis, ils vont être obligés de me faire des plats végétaliens lorsqu’ils nous invitent – oui, obligés, vous avez bien lu, car l’hospitalité est une valeur clé ici et je ne peux pas juste leur dire « ne préparez rien de spécial pour moi » car ce serait très impoli de leur part. Or, quand un Égyptien reçoit, il va en priorité servir des plats à base de produits animaux. Ces derniers sont chers et ce serait faire preuve d’avarice que de ne pas les utiliser. Mes hôtes seraient donc obligés de faire des plats exprès pour moi, que personne d’autre que moi ne mangerait et qui alourdirait encore plus leur charge de travail ( quand vous recevez dix personnes, vous faites à manger pour vingt ). Par conséquent, j’accepte ce compromis ( nous sommes rarement invités et à ces occasions j’essaie de manger le plus végétarien possible ).

Diversifier son alimentation. Au début, j’ai cru que ça allait être impossible. Jamais vu de tofu et autre tempeh, aucun lait végétal, on cuisine toujours les mêmes légumes : concombre, carotte, tomate, courgettes, poivrons, aubergine, un peu de laitue et de persil. Jamais vu de riz autre que le riz blanc, ni trouvé de farine d’autre chose que de blé. Qu’allais-je donc devenir ?? Et puis, finalement, on trouve beaucoup de choses, on apprend à en faire d’autres. Bien sûr, on ne trouve pas de magasins végé, pas de simili de produits animaux ( encore que j’en ai vaguement entendu parler, notamment du faux-steak haché, mais je n’en pas encore trouvé ). Mais on peut tout à fait se débrouiller. Niveau légumes, il y a beaucoup de choses : patates douces, navets, brocolis, chou-fleur, panaïs, chou chinois, chou violet, haricots verts, cornes grecques… Et j’ai même découvert un agriculteur qui fait des paniers bio. Je devrais ( conditionnel, car en ce moment ça chauffe… ) recevoir le premier demain matin, je vous en dirai des nouvelles. Ce monsieur devrait me fournir en petites merveilles qui ne se trouvent pas sur le marché ( pas frais, en tout cas, jusqu’à présent j’achetais des épinards et choux de Bruxelles en boite ) : épinard, choux de Bruxelles, chou romanesco, moutarde, carottes et tomates de toutes les couleurs, etc. Vous avez aussi les surgelés  Mais nous ne mangeons pas que des carottes, n’est-ce pas ? Niveau céréales, on a : le fameux riz blanc, des pâtes, mais aussi du couscous ( attention, vous le trouverez à côté de la farine et autres pâtisseries car il est cuisiné en dessert, à peu près comme le riz au lait ), du boulghour, du blé. Pour les légumineuses, on a pas mal de choix aussi : lentilles brunes et corail, haricots blancs, pois chiches, haricots rouges ( en boite en supermarché, sinon à trouver chez les grossistes spécialisés dans les légumineuses ). A Carrefour – bon, c’est pas très végé de faire ses courses à Carrefour, mais c’est là qu’on peut trouver le plus de diversité – vous avez un rayon bio qui vous propose du riz rouge de Camargue, des pousses de soja, du chocolat, des desserts à la crème de soja au chocolat, vanille ou caramel, on y trouve aussi ( à Carrefour, mais pas rayon bio ) des graines de soja, très utiles pour faire votre propre lait de soja. On trouve tous les oléagineux, notamment dans les supermarchés. J’ai trouvé une fois, à Carrefour, du lait de soja, mais ils ont arrêté ( de toutes façons, il était dégueu… ). Il faut donc aussi faire travailler ses petites mains : je fais moi-même mon lait de soja, de noisette et d’amande ( j’aime pas trop le lait d’amande, ça n’a pas trop de goût ) selon la méthode PIGUT ( lait de soja ou d’oléagineux ). On trouve partout, évidemment, le tahina ( purée de sésame ) et son frère jumeau le halawa ( purée de sésame sucrée, un peu genre nougat, qui se décline nature, à la pistache, au chocolat ). Ensuite, il suffit soit de faire preuve d’imagination ( mais c’est pas mon truc ) soit de chercher des recettes sur le net. Il existe aussi des magasins bio mais, comme ils se trouvent dans des quartiers où je ne vais presque jamais, je n’en ai encore « visité » aucun.

Aller au restaurant. Alors là, aucun problème ! Il n’y a que les fast-food américains chez qui vous ne trouverez rien ( à part les frites et le coca ) à vous mettre sous la dent. Quelques restaurants spécialisés dans les poissons et fruits de mer ou poulet peuvent aussi avoir une carte restreinte. Mais la grande majorité des restaurants sont veganfriendly. Et pour cause : les Chrétiens d’Égypte pratiquent le végétalisme pendant leurs jeûnes ( carême et autres ). Les restaurants sont donc habitués à préparer des plats « spécial jeûne » ( siami en arabe ) et, quand il n’y a aucun plat absolument végétal sur la carte ( c’est le cas dans quelques restaurants qui font de la cuisine européenne ) les serveurs ne sont pas du tout choqués quand vous leur demander de retirer les produits animaux. Quant à la cuisine traditionnelle égyptienne, elle est riche en plat végétaliens : foul ( purée de fèves ), taameyya ( que nous connaissons sous le nom de falafel ), koshari ( plat à base de riz, petites pâtes, lentilles et pois chiche, autant dire absolument complet !! ), hommos, tahina, divers plats à base d’aubergine et je dois sûrement en oublier d’autres.

Quelques enseignes très veganfriendly :

  • Cook Door ( un fast-food qui fait un peu « Subway égyptien » et qui propose quelques sandwichs et plats végétaliens – ont un service de livraison à domicile )
  • Tibesty Majestic ( fast-food de cuisine syrienne – ont un service de livraison à domicile )
  • Maison Thomas ( excellente pizzeria, qui ont deux pizzas à base de légumes, il faut leur demander de retirer la mozzarella – ont un service de livraison à domicile )
  • Felfela ( sandwicherie d’un côté, restaurant de l’autre, propose des plats végétaliens typiques )
  • Koshari El Tahrir ( comme son nom l’indique, restaurant de koshari )
  • et plein d’autres restaurants, la liste serait trop longue à faire car par définition tous les restaurants de cuisine égyptienne ou libano-syrienne vont avoir des plats végétaliens.