"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Parce qu’être végétalien, c’est plus qu’un simple régime alimentaire 27 février 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 22:28
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Les végétaliens se préoccupent du bien-être des animaux,

Les êtres humains sont des animaux,

Donc les végétaliens se préoccupent du bien-être humain.

Et oui, c’est aussi simple que ça ! Les végétaliens ( vous remarquerez – ou pas – que je dis « végétalien » et non « végan » car ce dernier terme me paraît être un anglicisme inutile : les anglophones ont « vegetarian » et « vegan », nous avons « végétarien » et « végétalien » ça convient très bien ! ooops, en fait en anglais, les trois termes co-existent… du coup en français c’est aussi logique d’en avoir trois, avec la nuance entre le végétalien qui a modifié seulement son régime alimentaire et le végan qui va plus loin… Je continuerai quand même à me donner l’étiquette « végétalienne » pendant un certains temps car je trouve que je n’en fais pas assez pour « mériter » le titre de végane – et en plus, ce dernier terme est souligné par mon correcteur d’orthographe, héhé ) récoltent souvent la remarque « Ah ben, c’est bien joli de s’intéresser aux animaux, mais y’a tant d’humains qui souffrent, ça devrait pas être prioritaire ? ». Et bien, la réponse est non : quand on peut faire les deux, pourquoi se priver ? Et la preuve, les végétaliens, si leur premier cheval de bataille est la cause animale, se soucient aussi des causes humaines.

J’utilise l’étiquette « végétaliens » par facilité, mais ce n’est pas un concept labellisé et chaque végétalien peut l’être un petit peu à « sa sauce ». Personnellement, je vois ça comme une sorte d’altermondialisme. C’est en me familiarisant avec les idées végétaliennes que j’ai retrouvé la volonté d’agir pour qu’un autre monde soit possible. Et il était, dès le départ, hors de question pour moi de m’arrêter à un simple changement de régime alimentaire. Il me fallait revoir toute ma consommation pour la rendre plus éthique : respectueuse de l’homme ( les travailleurs surtout, mais aussi les acheteurs ), de l’environnement et des animaux.

En Égypte, ce n’est pas toujours facile ( pas qu’ici, d’ailleurs, il est souvent difficile de trouver des produits qui concilient tous ces aspects, sans parler du manque d’informations ), car c’est un pays émergent dont le but est de « rattraper son retard économique », les questions environnementales ne sont pas vraiment une priorité. En première position, on a quand même le traitement des déchets et le recyclage, car le pays a énormément de déchets, très mal répartis sur le territoire ( la capitale compte 1/4 des habitants du pays, ça vous donne une idée ). Les moyens du changement ne sont pas encore là, mais les mentalités commencent à évoluer grâce à quelques campagnes, notamment dans les écoles. Du coup, je trie mes déchets : verre/papier/emballages/non-recyclable. Ce n’est pas un geste évident car il n’y a pas de conteneurs séparés comme en France : on sort les poubelles devant la porte de l’appartement et un seul bonhomme vient tout chercher, ce n’est qu’une fois arrivées à leur destination finale, le quartier des chiffonniers, qu’elles sont triées. Toutes les poubelles le sont, donc le but est de les séparer dès le début afin de faciliter le travail des chiffonniers, qui ont déjà des conditions d’hygiène pas top. Ensuite, je suis sûre que le papier et le verre sont recyclés, pour les emballages je ne sais pas trop comment ça marche.

Toujours niveau déchets, j’essaie d’utiliser le moins de sacs plastiques possible. C’est devenue une évidence en France, ça l’est beaucoup moins ici : seul Carrefour propose des sacs réutilisables ( mais ils donnent toujours à la caisse les sacs plastiques classiques ). Du coup, je me suis acheté un sac pliable Monop’ en France et j’essaie de l’utiliser pour mes achats ( j’avoue que j’y pense pas toujours, mais ça viendra ).

Pour les produits de beauté, pas de LUSH, mais The Body Shop, on peut trouver à y redire ( notamment c’est pas du 100% végétal ni 100% bio ) mais au moins c’est pas testé sur les animaux, c’est écolo et ça promeut le commerce équitable. Reste la possibilité de se bidouiller soi-même ses soins, perso je suis nulle pour ça, mais je vais lire avec intérêt le blog de Floradiane qui a l’air de proposer des astuces bien simples.

Niveau fringues et chaussures, je recherche des produits non seulement sans produits animaux ( cuir, laine ) mais aussi qui ont été fabriqués dans des conditions de travail décentes. C’est pas gagné, surtout pour les chaussures… Pour l’instant, j’en ai pas besoin, quand je me mettrai à chercher je ferai un article tout exprès. Les vêtements, il y a Mobaco : du 100% coton pour la plupart, parfois de la laine ( suffit de pas acheter les pulls ), souvent du lin. C’est pas de la marque végétalienne, on est d’accord, mais c’est du local, avec bonne rémunération des employés, c’est déjà ça.

Tout ça, c’est le quotidien. Mais il y a aussi beaucoup d’artisans qui font des produits intéressants. J’ai commencé à écrire cet article pour présenter les poteries Garagos : c’est le nom d’un village de Haute Égypte ( à 25km au Nord de Louxor ) où se trouve une grande poterie créée en 1955 à l’initiative deux pères jésuites français. La poterie a le nom du village et produit notamment de la vaisselle : assiettes, plats, services à thé, mugs mais aussi des articles de décor. Ils ont un site : Garagos Handmade qui présente leur travail. De mon côté, je viens de leur acheter plusieurs pièces. Leur artisanat est disponible soit directement à la poterie ( un peu loin, quand même ^^ ), soit lors de grandes expositions ( foire de l’artisanat, expositions dans les écoles religieuses francophones du Caire – notamment les Pères Jésuites et les Sœurs du Sacré-Cœur à Héliopolis ), soit encore dans quelques rares points de vente au Caire ( à ma connaissance la galerie Oum el Dounia au Centre-Ville et le couvent de Notre-Dame à Maadi ). Voici quelques photos de ce que j’ai acheté, tout leurs objets passent au four, au lave-vaisselle et au micro-ondes :

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