"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Remettre en question le travail ? 3 janvier 2012

Vidéo que j’ai découvert grâce au blog de http://pigut.mintyway.com/ .

J’ai eu ma période communiste, c’est-la-lutte-finale-levons-nous-le-poing-levé et tout et tout. J’étais ado, il me fallait des utopies. Et puis c’est passé. Je suis « rentrée dans le moule », j’ai rangé dans un coin de ma tête tout ce qui me révoltait dans la société capitaliste.

C’est un sujet épineux. Je n’ai pas de réponses toutes faites. Ce documentaire, bien qu’orienté, n’en n’a pas non plus. Le but est de se poser des questions. Je me suis posée les suivantes, posez-les-vous aussi et je serai très heureuse si vous y répondiez, si vous me proposiez vos propres réflexions/questionnements.

  1. Pourquoi, dans nos sociétés occidentales ( et c’est aussi le cas en Egypte, même si ce n’est pas dans la culture, c’est clairement le modèle à suivre ) mettons-nous le travail au-dessus de tout comme valeur ? On peut ne pas être généreux, ne pas être solidaire, ne pas être un défenseur de la liberté, ne pas penser, mais ne pas être travailleur ? sacrilège et damnation… Pourquoi ? Alors même que pour la majorité des travailleurs le travail est fatigant, usant physiquement et moralement, il ne nous laisse assez d’énergie que pour rentrer se poser sur notre canapé, devant la télé pour la plupart, ou l’ordinateur ( un peu mieux, mais pas encore ça ) ou un bouquin pour les plus chanceux.  En échange, on a des sous. Ce qui nous mène à la question deux.
  2. On travaille pour gagner sa vie. Drôle d’expression : en fait, on travaille pour gagner de l’argent, ce qui nous permettra de vivre notre vie. Je sais pas vous, mais moi je trouve ça abominable que de vivre notre vie soit soumis à la possession de l’argent. Ah oui, j’ai toujours pas posé de question : pourquoi sommes-nous obligés de gagner de l’argent pour pouvoir vivre notre vie ?
  3. Pourquoi quand on pose cette question n°2, tout le monde hausse les sourcils et vous regarde comme une sorte de hippie sorti des bois, plein de boue, tout nu, avec un joint à la bouche et le cerveau tout grillé ? Mais si, ne le démentez pas, cette question vous semble absurde, bonne pour les utopistes qui n’ont pas les pieds sur terre. Ne le démentez parce que moi-même, je suis si bien trempée dans cet acier capitaliste que je me trouve absurde en posant cette question. Et en effet, comment revenir en arrière ?
  4. Est-ce trop tard pour revenir en arrière ? Ou plutôt, non, vu comme ça je passe pour une passéiste, qui veut revenir à l’âge de pierre. Ce n’est pas du tout ça. L’homme a inventé des choses merveilleuses, il a fait des tas d’expériences, des tas d’erreurs, qui l’ont rendu plus fort, plus grand ( j’allais dire plus digne, mais je suis pas très sûre pour ça… ). Non, je ne veux pas « revenir en arrière » à proprement dit. De toutes façons, c’est impossible. Je voudrais qu’on invente une nouvelle façon d’être ensemble. Au début de l’humanité, l’homme vivait en petits groupes isolés. A l’intérieur de ce groupe, les hommes chassaient, les femmes cueillaient, ils partageaient tout. Puis, le groupe s’est élargi, se divisant en secteurs d’activité, entre eux ils s’échangeaient, troquaient. Puis ils ont commencé à établir des échanges avec d’autres groupes d’hommes. Au début, le troc était satisfaisant, mais avec le temps ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient utiliser de la monnaie et donner un prix à chaque chose. C’était bien pratique, parce que celui qui avait des poulets voulaient des habits mais celui qui avait ces habits ne voulait pas de poulets, alors la monnaie évitait bien des détours. Ce système est si pratique qu’il a été développé en monnaie fiduciaire : les billets, les chèques ( d’abord lettres de change, etc. ). Bref, les hommes ont adopté différentes modalités d’échanges suivant leur mode de vie. Qui a dit que l’évolution devait s’arrêter là ?
  5. Le travail dans notre société moderne ( et là je parle pour le monde entier ) apporte-t-il vraiment quelque chose à l’être humain ? Voyons les deux extrêmes : l’ouvrier sur un montage à la chaine et le CEO d’une multinationale. Le premier a clairement un travail abrutissant, qui va user sa santé et qui ne lui apporte que de l’argent et encore, pas beaucoup. Le second semble avoir la bonne place dans le système : salaire à cinq chiffres, beaucoup de possessions matérielles, le luxe à portée de main. Mais fait-il autre chose que travailler ? Au golf, il travaille, le soir, il travaille, avec sa famille, il reçoit des appels du travail, en vacances ( quand il en prend des personnelles ), il continue à penser à son travail. Bref, le travail prend toute sa vie. Chacun va aimer sa vie à sa manière, quand il aura des petits moments de déprime il pensera aux inconvénients de la vie de celui qui est à l’autre extrême et finira toujours par conclure que sa place est mieux que celle de l’autre. Mais c’est parce qu’on a été habitué à faire cette comparaison depuis tout petit : on n’a pas assez d’argent pour partir en vacances/pour t’acheter ce iPod, oui mais on est unis, on est une famille ; je ne suis pas assez à la maison, je ne vais pas à tes compétitions de Judo, oui mais regarde le beau Blackberry que je t’ai rapporté ! Bref, je caricature, mais vous voyez le genre. Et les séries, les films, nous confirment tout ça.
  6. Si les gens avaient vraiment le choix de travailler. S’il était possible pour eux de ne plus le faire, combien continueraient à votre avis ? Alors, c’est sûr quand on arrête de travailler, on le voit à travers les témoignages de la vidéo, on doit revoir sa consommation à la baisse, on doit se mettre à suer un peu pour aménager sa vie. On ne peut pas ne plus travailler à proprement parler. Il faudra toujours travailler la terre, construire des maisons, soigner, enseigner. Mais dans l’image que j’en ai on le ferait pour soit et pour les autres, pas pour amasser des objets inutiles.
  7. Combien de choses que nous possédons sont inutiles ou, au moins, en partie inutiles ? De combien d’options sur votre portable vous servez-vous quotidiennement ? De combien pourriez-vous vous passer ? De combien d’appareils en général, sur ceux que vous possédez, vous servez-vous vraiment ? Combien d’objets, dans votre maison, y on vraiment leur place ? Si c’est une majorité, tant mieux. Mais je pense qu’il  y a beaucoup de gens dans notre société pour qui ce n’est pas le cas.

Il y a encore plein de questions, mais laissons celles-ci reposer un peu.

Je vous conseille un petit livre, en partant :   Mon Utopie, d’Albert Jacquart

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