"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Programme pour rendre mon enfant indépendant 15 août 2015

Je reviens en force avec un titre choc ! Beaucoup d’articles en tête mais peu de temps pour les écrire (surtout avec une tablette et donc 2 doigts au lieu de 10…). Notamment j’espère bientôt vous raconter mon expérience no-poo, écrire un petit plaidoyer anti fessée et publier une présentation du multicuiseur de Philips. On dit ici « que Dieu puisse nous faciliter la tâche » (traduit au lance – pierre,  désolée :D).

Alors, le mot « programme » vous a choqués? Pourtant, avec toutes ces méthodes que l’on nous vend lorsqu’on est jeunes parents, je ne vois pas de mot plus approprié.
En Occident, nous sommes des sociétés individualistes où l’indépendance est une des valeurs les plus haut placées dans les esprits. C’est donc naturellement que ce mot vient et revient et revient, encore et encore, dans les conseils au sujet de l’éducation. Au point que c’en est devenu un véritable leitmotiv. On demande à la fois aux enfants et aux parents d’être indépendants. Exemple flagrant : la raison n°1 du choix du non – allaitement ? La mère veut garder son indépendance.

Or, il s’agit d’un problème insoluble car la relation entre un mammifère et son petit est une dépendance totale. En effet, le nouveau – né est incapable de survivre seul. Il dépend de ses parents pour tout : manger, être propre, se protéger des dangers et même respirer (cf. travaux de McKenna). Et, comme la nature est bien faite, cette dépendance n’est pas tout à fait unilatérale : les parents aussi ressentent un besoin impérieux d’être avec leur progéniture et de répondre à ses demandes, le serrer contre soi, le sentir, le caresser ou, tout simplement, le contempler. Oh, c’est vrai qu’on a aussi besoin de prendre l’air et de voir autre chose ! Ne vous méprenez pas, je n’ai pas cessé d’avoir une vie personnelle en devenant maman, j’ai repris le travail (mi-temps de prof quand même, pas 70h par semaine !) aux 5 semaines de mon fils et cela m’a fait le plus grand bien, surtout qu’il pleurait beaucoup à cause d’un RGO non diagnostiqué. Mais cela n’a rien à voir avec le dressage à l’autonomie que certaines personnes (et certaines institutions) voudraient nous imposer. Entre autres :
– bébé doit s’endormir seul, dormir seul et se rendormir seul ;
– bébé doit rester seul sans pleurer ou appeler un parent ;
– bébé doit s’occuper seul ;
– bambin doit marcher seul ;
– bambin doit aller au pot…
A chaque fois, les parents doivent lutter contre leur instinct qui leur dit d’aider leur petit, de répondre à ses demandes, tout ça pour « le bien » de l’enfant.

Ces préconisations sont très paradoxales, ce qui les discréditent totalement à mes yeux, car elles s’accompagnent d’autres façons de faire qui vont totalement à l’encontre de l’autonomie de l’enfant :
– on le nourrit à la petite cuillère et ce jusqu’à un âge avancé où il serait largement capable de le faire seul (mais pas sans tâcher la belle nappe ou salir le beau tapis, c’est sûr…) ;
– on le cale dans un transat, puis dans un youpala, le mettant ainsi dans des positions qu’il n’est pas capable de quitter seul, freinant le développement de sa motricité ;
– on l’empêche de découvrir son environnement en multipliant les interdits ( « ne touche pas, ne monte pas, ne prend pas, ne fais pas… » ).

Tout ce que l’on parvient à accomplir de la sorte, c’est briser le lien de confiance mutuelle qui se serait développé naturellement entre l’enfant et ses parents et, par là même, entraver plus ou moins gravement la confiance du petit être en lui-même et en le monde qui l’entoure (et je ne parle pas de tuer dans l’oeuf toute notion de solidarité et fraternité, valeurs nuisibles au bon développement du captialisme).

Alors, comment faire pour que son enfant apprenne l’autonomie ? Bonne nouvelle : RIEN ! Si, si, je vous jure : votre enfant est naturellement programmé pour devenir autonome. Quand il développe sa motricité, ses capacités intellectuelles, ses connaissances du monde, son jugement, il devient, de fait, autonome. C’est écrit dans ses gènes ! Vous n’avez qu’à l’accompagner dans son développement en répondant à ses demandes et tout ira bien. Aider un enfant qui le demande : oui ! Intervenir alors qu’il ne vous a pas sollicités, ou ne pas l’aider lorsqu’il le demande : non. À lire : « L’Enfant » de Maria Montessori qui explique bien comment l’enfant est parfaitement capable de prendre en main ses apprentissages si l’adulte lui aménage un environnement adéquat.

Bien sûr,  ce n’est pas facile tous les jours de répondre aux 50 « papa/maman » par minutes de votre bambin ! Ni à ses pleurs nocturnes  (pour ça,  le cododo fonctionne très bien quand même). Nous restons des êtres humains et nous avons, souvent, un temps limité. Quelques astuces qui me sont très utiles :
– je garde en tête que c’est moi qui ai choisi de faire un enfant, donc ce n’est pas lui qui s’est imposé à moi mais bien moi qui l’ai fait venir au monde alors qu’il n’avait rien demandé  (à se répéter chaque fois que votre enfant fait tomber son verre pour la 10 ème fois / vous tire le short jusqu’aux genoux pendant que vous faites la cuisine / se réveille pour la 5ème fois de sa sieste pendant que vous regardez votre série préférée – rayez la mention inutile) (vous voyez bien que je suis une vraie, hein? )
– je me rappelle de temps en temps qu’il grandira trop très vite et qu’il finira par me quitter et là je ne saurai plus quoi faire de mon temps libre (chienne de vie ! Pourquoi on commence pas par la retraite !?) donc je profite à fond de mon temps avec lui.
– je passe le relais quand je sens que j’ai besoin d’air.

Aller, on respire et carpe diem 😉

 

Des étiquettes, dogmes et autres pensées uniques dans le végéta*isme 4 décembre 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 19:51

Je vous vois déjà rouler des yeux en pensant : « Oulà, mais elle nous ferait pas un article anti-végé, celle-là ! Aurait-elle perdu la tête ? » Point du tout. Cela fait un petit moment (euh, presque un an quand même ! procrastination, quand tu nous tiens…) que je voulais écrire cet article. Et c’est aujourd’hui, anniversaire de mon passage au végétalisme, que je me lance enfin. C’est pas plus mal d’avoir attendu car maintenant je pense désormais avoir un recul sur la question.

 

Souhaitez-moi un joyeux anniversaire, donc, car aujourd’hui j’ai un an. Un an de végétalisme. Moi, la carniste invétérée qui adorait la viande rouge bien saignante, j’ai tenu un an et je ne conçois plus un repas avec un produit animal.

 

Dans cet article, je vais vous faire part de mon cheminement et plus particulièrement je voudrais parler de l’aspect quasi-sectaire que l’on prête bien souvent au végétarisme et comment je l’ai perçu personnellement.

 

Il y a un an, donc, je n’étais pas dans ma meilleure forme et je culpabilisais énormément de ne pas agir suffisamment pour l’avenir de la planète (il faut dire que j’avais pour projet de départ de travailler dans l’humanitaire et puis j’ai fini prof de français – me demandez pas comment, j’ai du mal moi-même à le comprendre ^^, mais j’en suis ravie et je ne le regrette absolument pas !). Et puis j’ai entendu parler du végétarisme. Évidemment, je savais depuis longtemps que ça existait, mais je n’avais jamais cherché à comprendre les motivations des végétariens. Après quelques recherches, il m’a semblé évident que je devais faire ce choix moi aussi pour donner plus de cohérence à ma vie.

 

Au début, j’étais une végé timide. Quand j’étais invitée je mangeais comme d’habitude. Et puis je mangeais des œufs non issu de l’élevage industriel de temps en temps. Surtout, je me gardais de parler des raisons du végétarisme car je ne voulais pas paraître donneuse de leçons.

Il faut dire que j’ai une phobie des certitudes. Et les végés, c’est plein de certitudes : ils sont sûrs que le végétarisme est meilleur pour la santé, sûrs que c’est mieux pour l’environnement et sûrs que l’élevage d’animaux pour leur viande est un obstacle à une meilleure répartition des ressources de la planète pour tous. Au début, ça fait bizarre tant de certitudes. Et c’est probablement pour ça que le végétarisme peut sembler dogmatique au premier abord.

Moi, j’étais sûre de rien… Il y a beaucoup d’études citées par les végés pour appuyer leurs dires ; il y en a beaucoup aussi qui disent le contraire (ben, oui, par exemple, là, j’ai un exemple à chaud : l’UE vient d’autoriser l’augmentation des quotas pour la pêche de certaines espèces en eau profonde parce qu’une étude a montré que c’était pas grave, sic). Alors, tu commences à faire attention aux sources de chaque étude, aux personnes qui les ont commandées et aux personnes qui les ont réalisées. Et là, tu te rends compte que, oui, les végés peuvent se permettre d’avoir des certitudes. Toujours le même exemple pour la pêche en eau profonde, il existe des confits d’intérêts au sein de la commission  et la majorité de la communauté scientifique avait conclu différemment.

 

Autre chose. Au début, donc, je mangeais pas végé chez les autres (ça m’arrive toujours d’ailleurs, mais de moins en moins, tout simplement parce que les gens se sont adaptés et me préparent de plus en plus des plats végés), je mangeais quelques œufs, et je n’ai pas arrêté de consommer du miel (parce que là, j’ai vraiment du mal à avoir des certitudes). Quand je disais tout ça à des végés, on m’a répondu : « Mais alors tu ne peux pas vraiment te qualifier de végétalienne ! » ou encore « Comment peux-tu passer outre tes convictions juste pour ne pas froisser les gens ?! » Honnêtement, quand tu viens à peine de débuter, que tu trouves que tu fais déjà plein d’efforts, ça fait bizarre ce genres de remarques… On se dit que peut-être effectivement le végétarisme est une pensée unique, un moule.

En réalité, c’est un peu plus compliqué. Bien sûr, y’en a toujours quelques uns qui pensent être meilleurs que tout le monde et que tout le monde devrait prendre exemple sur eux, on peut pas passer à côté de ces spécimens. Mais, être végé ce n’est pas arrêter toute remise en question, ce n’est pas croire qu’une fois qu’on a arrêté toute consommation de produits animaux on a tout fait. D’ailleurs, « être végé » ça ne veut pas dire grand-chose à part ne plus consommer de produits animaux (à des degrés différents selon qu’on est végétarien, végétalien ou végan). Chacun, ensuite, le vit conformément à sa personnalité, à la force de ses convictions et selon ses priorités. Du coup, on peut quand même comprendre que les végés tiennent à ce que le mot « végétarisme » ne perde pas tout son sens. Quand on se proclame végétarien et qu’on mange du poisson, ou végétalien et qu’on mange des œufs, on n’œuvre pas en faveur de la clarté du concept. Il est assez difficile de se faire accepter en tant que végé, il est très difficile de se voir proposer des plats qui correspondent vraiment à ce que l’on mange, alors si tout le monde se met à être végé à sa sauce, on va vraiment plus s’en sortir… Quand on me disait : « tu n’es pas vraiment végétalienne car tu manges du miel », j’entendais : « il faut que tu arrêtes le miel » alors qu’en fait on me disait « tu ne peux pas exactement t’appeler végétalienne, il faut que tu précises ».

 

Du coup, ça peut sembler très pointilleux cette histoire de végétarisme et on peut avoir envie de rejeter cette étiquette qui semble lourde à porter. Et puis, on se pose deux minutes et on réfléchit un peu sur le concept d’étiquette : on ne pourra jamais trouver d’étiquette adéquate pour se définir. Même en en cumulant plusieurs, on passera à côté de la complexité d’une personnalité. À nous de faire la part des choses et de pas trop accorder d’importance à ces étiquettes. L’essentiel est d’être clair, d’appeler un chat, un chat, tout en gardant à l’esprit que la nuit, tous les chats sont gris (bon, ok, cette expression n’a aucun sens ici).

 

Bref, être végé, ce n’est pas une secte, on n’est pas tous pareil, on n’a pas tous les mêmes priorités. Certains s’arrêtent là, d’autres se battent sur plusieurs fronts. Certains sont plus engagés que d’autres. Finalement, si le végétarisme fait beaucoup de bruit, ce n’est pas vraiment dû aux végétariens eux-mêmes mais à ses détracteurs.

 

Of films and bombs… 12 septembre 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 17:36
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J’ai pas mal d’idées d’articles en tête en ce moment (une recette de gâteau, un article sur la pierre d’alun et un autre sur la douance) et, conformément à la Charte de la Procrastination (j’ai bien dû la signer, un jour ou l’autre, je vois pas d’autres explication), je les mets tous à plus tard. Mais là, je suis trop énervée, dépitée, blasée, whatever, que je n’ai pas pû remettre à un autre jour.

 

Tout d’abord, mea culpa, je mentionne dans mon titre des films et des bombes mais il n’en sera pas exactement question à proprement parlé. Parce que le « film » qui fait couler tant de sang (et un peu d’encre) n’en est pas un mais une suite de scènes ridicules que, franchement, personne ne serait jamais allé regarder s’ils n’avaient pas provoqué les réactions sanglantes qu’on connaît. Pas de bombes non plus, mais du sang quand même : l’ambassadeur américain et trois autres employés de l’ambassade ont perdu la vie alors qu’ils évacuaient les lieux pris d’assaut par les protestataires.

 

En fait, j’hésite sur la position à prendre par rapport à ces événements. M’incliner devant l’intelligence tactique de ceux qui sont à l’origine de ce « film » (j’ai même pas envie de dire un navet, ce serait encore en-dessus de la valeur du truc), étant donné qu’ils ne se sont pas donné beaucoup de mal à le pondre mais qu’ils ont arrivés exactement là où ils le souhaitaient : l’Islam vu comme religion d’intolérance et d’ignorance. Ou alors me fracasser la tête contre un mur en voyant le nombre de personnes qui n’attendaient que cette occasion pour déclencher leur mini-guerre : contre l’Islam, contre les Juifs, contre les Coptes, contre l’Amérique… que sais-je encore ?

 

Une question m’a taraudée, tout de même, suite à une discussion sur FB : a-t-on le droit de faire un film qui se moque de la foi (ou de la non foi, qui pourrait y être apparentée) ?

Personnellement, je suis plutôt pour un minimum d’interdictions, donc je ne crois pas qu’il faille interdire ou censurer ce genre de « productions », même si elles me dégoûtent au plus haut point. Je ne suis pas non plus du genre moralisatrice et je me fiche de savoir si c’est « bien » ou « mal » de répandre ce genre de discours.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de m’imaginer la tronche de ce Sam Bacile, qui doit bien se marrer en voyant qu’avec la merde qu’il a pondu il a quand même bien réussi son coup, et me dire que ce type a quand même du sang sur les mains. On ne peut pas juste jeter un rocher dans la mare et ensuite se laver les mains en disant « Oops, je ne voulais pas la faire déborder, c’est simplement pour m’amuser ».

 

Alors, oui les réactions violentes ont été le fait de personnes dont l’ignorance est à peu près aussi vaste que leur foi est faible, oui ces personnes sont un mélange de moutons pour l’instinct grégaire et de loup pour la violence de leur agissements, oui l’intégrisme religieux est une plaie dont le monde souffre (si c’était la seule plaie, ma foi, nous nous porterions plutôt bien, tout de même). Mais non nous ne pouvons pas juste parler de « L’Innocence des Musulmans » comme d’un film parmi d’autres, nous ne pouvons pas nous contenter de mettre entre guillemets le fait qu’il avilie l’Islam et dénigre la foi des Musulmans.

 

Non, et surtout pas quand, le même jour, en France, Manuel Valls déclare que « S’attaquer à une religion, c’est s’attaquer à la République » en réaction à la profanation de la mosquée de Limoges… A moins qu’on considère désormais que la merde est un moyen d’action plus fort que des idées véhiculées à travers un film (si minable soit-il).

 

J’aime trop la viande 7 septembre 2012

Quand on est végé, c’est une réponse qu’on obtient souvient lorsqu’on explique notre démarche : « C’est très bien ce que tu fais, mais moi, je ne pourrais pas… J’aime trop la viande »

 

Beaucoup de végé sont choqués par cette réponse. Et il y a de quoi, car en fait vous venez d’expliquer comment la consommation de viande peut être cruelle pour les animaux, dangereuse pour la planète et pour la santé de celui qui la mange et votre interlocuteur balaie tout cela d’un simple revers de la main pour mettre en avant son goût pour un aliment.

 

Mais, personnellement, c’est peut-être une des réponses pour lesquelles j’ai le plus d’indulgence. Je la préfère à « Oui, mais à toi toute seule, tu ne changeras rien » (da ! mais si tu t’y mettais, toi aussi, puis ta sœur, etc. qu’est-ce que t’en penses ?) ou autres « Arf, c’est la loi de la nature » (regarde autour de toi, dans ta maison toute équipée et dis-moi ce qui relève de la loi de la nature exactement ?). Non, finalement non, je ne suis pas choquée par l’égoïsme de cette affirmation « J’aime trop la viande« , et pour cause : moi-même c’est la réponse que j’ai toujours faite aux végés que je rencontrais, ou que je me faisais intérieurement en entendant parler du végéta*isme. Jusqu’au tout début de mon changement d’alimentation, je me disais encore : je n’y arriverais jamais, j’aime trop la viande.

 

 

Mais quelle frilosité se dégage de cette affirmation, quand on y pense !! C’est la peur de l’inconnu, c’est l’angoisse du changement de nos habitudes, c’est le petit être fragile à l’intérieur de nous qui craint d’être chamboulé et qui se raccroche à une certitude rassurante : la viande, c’est bon !!

Et bien, oui, certes, la viande c’est trop bon, vous aimez trop la viande et ne plus en consommer pour vous c’est le saut à l’élastique : ça vous fout la frousse ! Pourtant, vous verrez, tout comme le saut à l’élastique, une fois que vous aurez essayé, vous aurez envie de recommencer. Mieux : vous pourrez recommencer tous les jours et il n’y aura aucun risque que l’élastique casse.

 

Si vous avez encore un peu peur de manquer de quelque chose, regardez en arrière : n’y a-t-il pas des aliments que vous détestiez enfants et dont raffolez à présent ? A contrario, n’y en a-t-il pas d’autres à propos desquels vous vous demandez comment vous avez pu tant en manger à une époque alors que désormais leur seule vue vous dégoûte ?

 

Et oui, nos goûts évoluent et ce dans tous les domaines : esthétique, loisirs, et aussi culinaires. Parfois, ils évoluent sans qu’on s’en rende compte, d’autres nous pouvons décider nous-mêmes d’en changer. Vous verrez, vous allez découvrir énormément de nouvelles saveurs, l’alimentation végétale n’est pas un appauvrissement mais une explosion de nouveautés culinaires !

 

 

Est-ce que j’aime toujours la viande ? Oui. Mais, ce n’est plus du tout un aliment de premier choix pour moi. Comme je le disais dans mon précédent billet sur mes vacances, j’ai remangé de la viande cet été et ça m’a semblé bien fade par rapport à tout ce que je mange d’habitude. Et surtout, surtout, je choisis de ne plus consommer cet aliment que je considère comme néfaste à tous points de vue : bien-être animal, écologie et santé humaine.

 

Évidemment, ce n’est pas évident tous les jours. On ne devient pas « végé-strict » tout de suite. Cet été, en dehors des repas où on m’a imposé de la viande, j’ai choisi de goûter des spécialités tchèque à base de viande lors de mon séjour à Prague. Finalement, je me suis remise très vite à choisir des repas végétariens, car il me semblait vraiment que la nouveauté que je recherchais n’était pas si intéressante et ne faisait pas le poids face à mes convictions. Il m’arrive encore souvent, au restaurant, de choisir un dessert non végétalien, comme des mousses au chocolat ou autres gâteaux. Pourtant, pas plus tard qu’hier, j’ai choisi une superbe salade de fruit agrémentée de deux boules de sorbet mangue plutôt qu’un brownie et je ne l’ai pas regretté le moins du monde.

 

Les changements d’habitude, que ce soit dans le domaine alimentaire ou autre, ne se font pas en un jour. Mais ils sont possibles, souhaitables et le plus souvent enrichissants lorsqu’ils sont choisis, réfléchis et envisagés avec enthousiasme. Alors, je sais que vous aimez trop la viande, mais je suis sûre que vous allez adorer la cuisine végétale. De nombreux blogs (et le mien est certainement le plus pauvre en recettes) sont là pour vous proposer des idées de menus qui ne vous serez jamais venu à l’esprit.

 

 

PS : Cet article fonctionne aussi si vous remplacez « viande » par « lait » ou « fromages », etc.

 

PS 2 : Cet article ne fonctionne pas si vous vous contentez, en devenant végé, de remplacer la viande par du tofu ou autres substituts. Non, il faut vous engager pleinement dans l’alimentation végétale, diversifier vos aliments, prendre des risques dans votre cuisine 😉

 

Les Islamistes sont en train d’envahir le monde. CQFD 19 mai 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 21:07
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C’est une affirmation que j’ai entendue à maintes reprises ces derniers temps, toujours prononcée sur un ton de confidence effrayante… Ça a commencé lors des élections présidentielles françaises. Lorsque Hollande a été élu, on me demandait si j’étais satisfaite, ce à quoi je répondais que je n’étais pas spécialement enthousiasmée par ce résultat mais qu’au moins ça avait le mérite de nous épargner les discours puant le racisme. Et là, quasi-systématiquement, on me susurrait « Oui, mais, tu sais, ils sont partout, ils vont gagner ».

Puis, il y a deux ou trois jours, je reçois un courrier électronique alarmant : « Vous allez avoir peur – la vidéo interdite en France ». La main tremblante, le souffle court, je clique avec peine sur le lien qu’on me propose et… je me retrouve sur Youtube, avec une vidéo de propagande affligeante, mêlant discours d’Islamistes et commentaires de diverses personnes ( journalistes, prêtre, sociologues ? ), chacun totalement sorti de son contexte évidemment. L’idée générale : le nombre de musulmans augmente, ils peuvent devenir, à terme, majoritaires, ce qui mettrait en péril la laïcité et pourrait conduire à l’application de la charia dans notre beau pays la France…

Cette vidéo m’a fait peu d’effet, mais le dernier morceau de discours m’a interpellée : aujourd’hui, aucun occidental n’est prêt à se battre pour les valeurs de sa civilisation, ce qui nous rend vulnérables.

En effet, l’Islamisme n’est pas la menace principale, ce n’est qu’un courant opportuniste qui a su s’insérer dans la brèche ( ou devrais-je dire le gouffre ) qu’a ouvert le libéralisme et la société de (sur)consommation. Nous vivons dans le néant. Quelles valeurs avons-nous à opposer à l’Islamisme ? Quel sens donnons-nous à nos vies ? Gagner de l’argent, être mieux que les autres, être en vue… du vent, de l’avoir, du paraître…

C’est si pitoyable qu’une « idée » aussi grotesque que l’Islamisme a pu non seulement voir le jour, mais en plus devenir puissante. Petit rappel sur ce qu’est l’Islamisme : l’idée qu’on doit vivre exactement comme le Prophète Mohammed vivait au 7ème siècle au milieu du désert… Brillant, n’est-ce pas ? Plus que ce que nous proposons, apparemment…

 

To be or not to be… antispéciste 25 mars 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 23:15
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Être antispéciste c’est considérer que toutes les espèces animales sont égales et ont les mêmes droits.

Facile à dire, mais voyons un peu ce que ça implique :

  • Sur le plan alimentaire, les antispécistes sont végétaliens, puisque dans l’industrie agro-alimentaire les animaux sont rarement traités comme nos égaux mais plutôt comme des objets, des produits ou encore des machines à produire.
  • Mais cela ne s’arrête pas au régime alimentaire, les antispécistes sont végans, c’est-à-dire qu’ils n’achètent aucun produit ( y compris médicament ) contenant un ingrédient d’origine animal ni testé sur les animaux.
  • Enfin, les antispécistes condamnent les cirques, zoos et élevages d’animaux de compagnie car ils soumettent l’animal à notre mode de vie et restreignent sa liberté de circulation, de choix.

Alors, être ou ne pas être antispéciste ?

L’espèce humaine est-elle supérieure aux autres au point que cela lui donne davantage de droits que les autres espèces voire des droits sur elles ? Personnellement, j’ai toujours répondu négativement à cette question, avant même de me la poser clairement, ça a toujours été pour moi une évidence. Depuis toute petite, j’ai toujours éprouvé autant ( si ce n’est plus, mais là c’est de la naïveté car je pensais que les hommes étaient les seuls animaux capables de cruauté, ce qui est faux ) de compassion pour les animaux non humains que pour les humains. Depuis toute petite, je trouvais l’expression « c’est inhumain » absurde, puisqu’on l’utilise précisément pour des actions typiquement humaines : guerre, esclavage, etc. Mais cette position suffit-elle à faire de moi une antispéciste ? Je pensais que oui… jusqu’à ce que je réalise que nombre de mes actions ( même après être devenue végétalienne ) ne collaient pas à ma façon de penser : aller au zoo, acheter des produits sans me demander s’ils étaient testés sur des animaux, acheter du cuir…

 

Finalement, je suis plutôt d’accord avec les antispécistes. De plus en plus, je me rends compte qu’il est absurde d’aller au zoo ou au cirque ( sauf s’il n’y a pas d’animaux ). Quant à l’élevage d’animaux de compagnie, je suis partagée… Lorsqu’on voit le nombre d’animaux en refuge, qu’ils soient victimes de maltraitance ou abandonnés, les dérives de l’hypertype dans certaines races ( Carlins qui s’énucléent en éternuant, Cavalier King Charles qui souffrent de maux de tête permanents, etc. ), les poissons que l’on vend à n’importe qui sans expliquer leurs besoins primordiaux, etc. on se dit effectivement que le secteur des animaux de compagnie est une exploitation des animaux inacceptable. Toutefois, je n’arrive pas à condamner absolument l’idée même d’avoir des animaux de compagnie, à condition de les considérer vraiment comme de vrais compagnons, à égalité avec nous ( attention, je n’ai pas dit de faire de l’anthropomorphisme !! ), en veillant à satisfaire leurs besoins. Je suis certainement naïve, mais je crois à la collaboration entre l’homme et les autres animaux. La collaboration entre espèces est d’ailleurs présente dans la nature, à l’instar des oiseaux ( dont j’ai oublié le nom ) qui soignent les blessures des rhinocéros.

J’ai remarqué que lorsqu’on parle d’antispécisme, la discussion glisse souvent vers l’absurde : « Et si un chien et un homme se noient devant toi, qui vas-tu sauver ? » « Moi, si pour sauver tous les enfants du monde de la famine, il fallait tuer tous les chiens, je le ferais sans hésiter ». L’humain se sent menacé lorsqu’on lui parle d’égalité avec les autres espèces. Il se sent aussi rabaissé, criant à l’atteinte à la dignité humaine. Je ne crois pas que pour accorder une dignité aux autres animaux il faille diminuer la nôtre. Au contraire, il me semble que la dignité humaine est entachée par la cruauté de notre système envers les autres espèces.

 

Blanc bonnet, bonnet blanc ? 15 mars 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 22:06
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Depuis qu’en 1969 Duclos nous a ressorti de derrière les fagots cette expression, on ne lit et n’entend plus qu’elle aux abords d’une élection présidentielle – seulement celle-là, parce que pour les autres élections on n’entend rien, c’est bien simple.

Il faut dire que lorsqu’on compare le ressenti de la population selon les alternances politiques, effectivement ça ne semble pas changer grand-chose. Personnellement, je suis convaincue que, en dehors de quelques divergences sur des sujets finalement bien marginaux par rapport à ce qui relève vraiment de l’autorité du Président de la République mais que les candidats médiatisent au maximum, que sur le fond les candidats qui ont des chances de gagner ne font aucune différence.

En 2007, j’avais voté Bayrou, croyant à une « 3ème voie ». Mais en entendant ce genre de discours … je me dis que lui aussi c’est un bonnet blanc.

Du coup, j’allais me résigner à voter blanc quand, par hasard, je tombe sur un article de Libé qui m’intrigue : globalement l’article le tourne en dérision, mais le journaliste a l’honnêteté intellectuelle de mettre des vidéos du candidat dans lesquelles il se défend. Et ces vidéos me plaisent. Je décide donc d’aller sur le site de Jacques Cheminade.  Et là, je trouve des propositions qui me parlent

  • abrogation de la loi 1973 qui interdit à l’Etat d’emprunter auprès de la banque nationale
  • séparation totale des banques de crédits et dépôts des banques d’affaires afin que ces dernières ne soient pas renflouées constamment et illégitimement

C’est ce qu’aucun autre candidat n’ose ( ne veut ? ) proposer, le vrai remède à la crise ( cf. la vidéo que j’ai mise dans l’article Remettre en question la démocratie ).

Ensuite, on trouve un programme hyper complet. Peut-être trop, on pourrait se dire que plus il fait de promesses et moins il en tiendra. C’est certainement vrai. Mais ce que j’apprécie c’est que lorsqu’il est invité il se concentre sur les mesures économiques, sans chercher à faire de la surenchère comme nos amis Bonnet Blanc et Blanc Bonnet.

Et puis, juste quand je m’étais dit que j’avais trouvé où irait mon vote, je vois un article du Monde annonçant la possible candidature d’un autre illustre inconnu : François Amanrich. Ce monsieur est le représentant du Mouvement clérocratique de France. Au contraire du programme de Jacques Cheminade, le programme d’Amanrich est très court, il se résume d’ailleurs en un seul point : changer de régime politique.

Oui, quand les bonnets blancs nous parlent de passer à une VIème République, les clérocrates veulent la fin de la démocratie pour passer à un système qui serait mieux selon eux ( et j’avoue être très tentée par cette idée ) : la clérocratie ( vous l’aviez bien compris ). C’est un système de démocratie participative, avec des dirigeants choisis au tirage au sort après avoir passé 3 filtres d’élection. L’idée c’est de choisir, à bulletin secret, plusieurs citoyens ( 20 pour 3000 selon le MCF ) qui seraient jugés « éclairés » et de confiance, qui eux-mêmes en choisiraient un nombre plus restreint parmi eux et parmi ces derniers on tirerait au sort les résponsables. Bref, je suis pas très claire, ils vous l’expliquent mieux par ici. C’est là encore ce dont il était question dans la vidéo de Remettre en question la démocratie.

Finalement, on se retrouve avec au moins deux candidats ( enfin, le Amanrich n’est pas encore candidat, on ne sait jamais ) qui ne peuvent pas être qualifiés de bonnets blancs. En revanche, on peut les qualifier de « petits candidats » et on peut donc se poser la question de l’utilité de voter pour ces « petits » quand d’autres « grands » menaçants risqueraient de passer au 2nd tour… Selon moi, tout l’intérêt de l’élection est de permettre le débat et, à défaut de laisser le peuple s’exprimer, le laisser choisir ceux qui expriment le mieux son opinion. Hors de question pour moi de donner ma voix à un « grand » candidat alors qu’ils n’expriment pas du tout ce que je pense. De toutes façons, pour moi, Hollande, Sarkozy ou même Le Pen élu ça ne changera pas grand-chose à ma vie. Un peu plus dur pour mon mari d’obtenir un visa… Arf, de toutes façons si c’est Le Pen qui dirige et que les gens sont contents, pas sûr qu’on ait vraiment envie de se ramener… Alors oui, pour moi ça a tout son sens de voter pour un « petit » candidat ( les guillemets sont là pour éviter toute confusion avec le petit Nicolas ).