"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

J’aime trop la viande 7 septembre 2012

Quand on est végé, c’est une réponse qu’on obtient souvient lorsqu’on explique notre démarche : « C’est très bien ce que tu fais, mais moi, je ne pourrais pas… J’aime trop la viande »

 

Beaucoup de végé sont choqués par cette réponse. Et il y a de quoi, car en fait vous venez d’expliquer comment la consommation de viande peut être cruelle pour les animaux, dangereuse pour la planète et pour la santé de celui qui la mange et votre interlocuteur balaie tout cela d’un simple revers de la main pour mettre en avant son goût pour un aliment.

 

Mais, personnellement, c’est peut-être une des réponses pour lesquelles j’ai le plus d’indulgence. Je la préfère à « Oui, mais à toi toute seule, tu ne changeras rien » (da ! mais si tu t’y mettais, toi aussi, puis ta sœur, etc. qu’est-ce que t’en penses ?) ou autres « Arf, c’est la loi de la nature » (regarde autour de toi, dans ta maison toute équipée et dis-moi ce qui relève de la loi de la nature exactement ?). Non, finalement non, je ne suis pas choquée par l’égoïsme de cette affirmation « J’aime trop la viande« , et pour cause : moi-même c’est la réponse que j’ai toujours faite aux végés que je rencontrais, ou que je me faisais intérieurement en entendant parler du végéta*isme. Jusqu’au tout début de mon changement d’alimentation, je me disais encore : je n’y arriverais jamais, j’aime trop la viande.

 

 

Mais quelle frilosité se dégage de cette affirmation, quand on y pense !! C’est la peur de l’inconnu, c’est l’angoisse du changement de nos habitudes, c’est le petit être fragile à l’intérieur de nous qui craint d’être chamboulé et qui se raccroche à une certitude rassurante : la viande, c’est bon !!

Et bien, oui, certes, la viande c’est trop bon, vous aimez trop la viande et ne plus en consommer pour vous c’est le saut à l’élastique : ça vous fout la frousse ! Pourtant, vous verrez, tout comme le saut à l’élastique, une fois que vous aurez essayé, vous aurez envie de recommencer. Mieux : vous pourrez recommencer tous les jours et il n’y aura aucun risque que l’élastique casse.

 

Si vous avez encore un peu peur de manquer de quelque chose, regardez en arrière : n’y a-t-il pas des aliments que vous détestiez enfants et dont raffolez à présent ? A contrario, n’y en a-t-il pas d’autres à propos desquels vous vous demandez comment vous avez pu tant en manger à une époque alors que désormais leur seule vue vous dégoûte ?

 

Et oui, nos goûts évoluent et ce dans tous les domaines : esthétique, loisirs, et aussi culinaires. Parfois, ils évoluent sans qu’on s’en rende compte, d’autres nous pouvons décider nous-mêmes d’en changer. Vous verrez, vous allez découvrir énormément de nouvelles saveurs, l’alimentation végétale n’est pas un appauvrissement mais une explosion de nouveautés culinaires !

 

 

Est-ce que j’aime toujours la viande ? Oui. Mais, ce n’est plus du tout un aliment de premier choix pour moi. Comme je le disais dans mon précédent billet sur mes vacances, j’ai remangé de la viande cet été et ça m’a semblé bien fade par rapport à tout ce que je mange d’habitude. Et surtout, surtout, je choisis de ne plus consommer cet aliment que je considère comme néfaste à tous points de vue : bien-être animal, écologie et santé humaine.

 

Évidemment, ce n’est pas évident tous les jours. On ne devient pas « végé-strict » tout de suite. Cet été, en dehors des repas où on m’a imposé de la viande, j’ai choisi de goûter des spécialités tchèque à base de viande lors de mon séjour à Prague. Finalement, je me suis remise très vite à choisir des repas végétariens, car il me semblait vraiment que la nouveauté que je recherchais n’était pas si intéressante et ne faisait pas le poids face à mes convictions. Il m’arrive encore souvent, au restaurant, de choisir un dessert non végétalien, comme des mousses au chocolat ou autres gâteaux. Pourtant, pas plus tard qu’hier, j’ai choisi une superbe salade de fruit agrémentée de deux boules de sorbet mangue plutôt qu’un brownie et je ne l’ai pas regretté le moins du monde.

 

Les changements d’habitude, que ce soit dans le domaine alimentaire ou autre, ne se font pas en un jour. Mais ils sont possibles, souhaitables et le plus souvent enrichissants lorsqu’ils sont choisis, réfléchis et envisagés avec enthousiasme. Alors, je sais que vous aimez trop la viande, mais je suis sûre que vous allez adorer la cuisine végétale. De nombreux blogs (et le mien est certainement le plus pauvre en recettes) sont là pour vous proposer des idées de menus qui ne vous serez jamais venu à l’esprit.

 

 

PS : Cet article fonctionne aussi si vous remplacez « viande » par « lait » ou « fromages », etc.

 

PS 2 : Cet article ne fonctionne pas si vous vous contentez, en devenant végé, de remplacer la viande par du tofu ou autres substituts. Non, il faut vous engager pleinement dans l’alimentation végétale, diversifier vos aliments, prendre des risques dans votre cuisine 😉

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One Response to “J’aime trop la viande”

  1. Belgarel Says:

    En plus, je ne suis même pas sûr que ce soit la viande qu’ils aiment, mais plutôt l’idée de viande. C’est ce que je voulais faire passer dans mon dessin (ça se fait pas de linker vers une de ses propres mochetés, mais bon…)

    Je crois que souvent, les omnivores, lors d’un débat ne clarifient pas leur pensée avant de la formuler (exemple : « Faut bien manger ! » – Naaaan, sans blague ! XD). Pour eux, le végétarisme et l’alimentation, ce ne sont pas des lieux de réflexion ; on répond émotionnellement, des phrases toutes faites – mais on ne pèse pas leur contenu comme une vérité avant de l’énoncer. J’en veux pour preuve que tout le monde sait que la viande, ce n’est pas « bon » objectivement, voire même, mauvais pour la santé « à cause des excès [des autres] »
    Je pense que cette phrase, en tant qu’acte de langage, ne cherche pas à communiquer un signifié bien précis : il s’agit avant tout de communiquer une émotion presque enfantine, un attachement, un enracinement dans la chair – presque quelque chose d’identitaire.
    Jésus n’a-t-il pas dit : « Ceci est mon corps. Partagez-le et mangez-le, sauf les vilains végétariens. »

    De plus, « la viande » me semble ici considérée comme une entité abstraite. Quelle viande ? quel morceau ? quelle cuisson ? La personne qui dit « La viande, c’est trop bon ! » n’a pas même le souvenir du goût de la viande dont elle parle, quand ces paroles sortent de sa bouche. Pas plus que celui qui affirme que « La FRANCE est un pays Catholique » ne songerait à aller à la messe.

    Il en découle que je suis ton à fait d’accord avec ton analyse. ^^


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