"Ceci n'est pas une rose"

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Retour de vacances ou « Les végéta*iens, ils ont vraiment l’esprit trop fermé » 17 août 2012

Filed under: Vie pratique — Lilou @ 15:49

Je n’ai rien publié depuis plus de deux mois, et pour cause : j’étais en vacances (je le suis toujours, mais faut pas le dire, sinon on va encore entendre que les profs sont des feignasses). Mais des vacances d’abord studieuses car j’ai passé tout le mois de Juin enfermée dans une BU (ou presque, j’ai quand même trouvé le temps de profiter de la fête du cinéma pour apprécier « De Chair et d’Os » et « Moonrise Kingdom », être mitigée à propose de « Prometheus » – bonnes idées mais ça reste creux -, ou encore ne vraiment pas aimer « The Dictator » – mais je m’y attendais), pour rédiger un mémoire de Master que finalement je ne présenterai que l’année prochaine – long story short, il me faut plus de 14 pour continuer en doctorat et ce que j’ai pondu ne vaut que 13.

J’étais donc en France ces deux derniers mois et comme d’habitude j’ai commencé par l’euphorie de retrouver des habitudes pour finir par avoir franchement marre de… ces mêmes habitudes. Je m’explique : en Égypte, même si c’est un pays émergent et qu’on trouve presque tout ce qu’on peut trouver en France (sauf spécialités), on n’est quand même pas dans de la société de consommation à outrance et il faut se déplacer exprès pour trouver certaines choses, parfois il faut même vraiment chercher. J’étais donc bien contente, en arrivant à Paris, d’avoir un magasin bio tout près de la maison, des terrasses de café à tous les coins de rue, des produits écolo, etc. Mais ça a fini par se retourner contre moi car, en France, on ne peut pas vraiment se déplacer sans se retrouver le nez dans une vitrine alléchante… Résultat : on consomme toujours plus que ce dont on a besoin, surtout quand on est faible comme moi… Bon, je ne regrette pas vraiment mes achats, mais disons que réfléchir un petit peu avant d’acheter ne m’aurait pas fait de mal ^^

 

D’ailleurs, en parlant d’achats, je me suis fixé une « politique » un peu stricte mais qui me semble la seule vraiment efficace si on veut consommer éthique et durable : ne jamais partir « faire les courses » ou « faire du shopping » ! On fait d’abord une liste de ce dont on a besoin puis on fait quelques recherches (internet ou bouche à oreilles) pour savoir où on peut trouver notre bonheur (avec nos critères écolos, végé, etc.) et enfin on se rend dans un magasin bien précis pour acheter une chose bien définie – et on part en courant sans se retourner pour pas être tenté par autre chose, héhé ! Enfin, je présente ça à la rigolade, mais je compte bien l’appliquer sérieusement. Marre d’être une machine à acheter !

 

Autre constat pendant ces vacances : les Français ont vraiment un problème avec la notion de végéta*isme ! Je ne comprenais pas ces témoignages de végé qui en avaient marre de se voir proposer du poisson ou leur insistance à utiliser avec une précision pointilleuse les termes de végétarien/végétalien/végan. Eh bien, maintenant, je comprends… Dans ma famille, je débarque en disant que je ne mange plus de viande (ni rouge, ni blanche), ni poissons, ni œufs, ni produits laitiers (donc déjà je facilite la tâche en énumérant ce que je refuse) et quelle n’est pas ma surprise en voyant le résultat : on ne me propose certes plus de steak, ou cuisse de poulet, ni plateau de fromage mais, en revanche, des salades avec de la mozzarella ou du gruyère, des tomates saupoudrée de thon, des sandwichs au pâté s’affichent au menu sans aucune alternative. Mieux, quand vous voulez vous montrer conciliants – et puis, c’est bien connu, un végétarien intelligent mange de la viande – et que vous dites « Je suis végétalienne mais je peux m’adapter », vous sous-entendez : « je peux ne manger que les pâtes ou je peux faire le tri dans la salade » on entend « je redeviens omnivore quand je suis invitée ». Et quand c’est dans votre propre famille, ça fait bizarre quand même. En bonne fille bien élevée qui ne veut pas faire de vagues, je n’ai pas protesté, considérant que c’était de ma faute car j’aurais dû être plus catégorique dès le départ et qu’il ne fallait pas gâcher des retrouvailles en famille pour une histoire de menu, j’ai mis de côté mon végétalisme.

Ça m’a permis d’être sûre de deux choses : la première, c’est que la viande ne me manque même pas, j’ai même mangé du saucisson, que j’adore, et ça ne m’a fait ni chaud ni froid ; la deuxième c’est ce que l’on ne doit plus me dire que les végéta*iens sont obtus et incapables de faire des concessions !! Quand je vois comment aucun effort n’a été fait pour me servir le moindre plat végatalien,  comment toute conversation sur mon choix tournait court à coup de « de toutes façons, le monde est déjà foutu », « oui, mais, ce n’est pas toi qui y changera grand-chose », « mais, c’est n’importe quoi, l’homme a toujours mangé de la viande », et autres phrases bateau interchangeables, je me dis qu’il va vraiment falloir que je fasse un travail sur moi-même pour être enfin capable d’exprimer carrément mes idées, sans avoir peur de passer pour une conne trop sûre d’elle-même…

 

Et pour finir sur une note un peu plus comique, quelque chose m’a vraiment fait marrer : le nombre de personnes qui te sortent « Finalement, je suis presque végétarienne moi aussi, je ne mange pas de viande » car elles ne mangent pas de steaks, mais ont le frigo plein de saucisses, jambon et autres produits qui, on le sait bien, ne contiennent pas de viande…

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10 Responses to “Retour de vacances ou « Les végéta*iens, ils ont vraiment l’esprit trop fermé »”

  1. mamapasta Says:

    « en France, on ne peut pas vraiment se déplacer sans se retrouver le nez dans une vitrine alléchante »…
    alors maintenant je sais que le Poitou n’est pas en France……parce qu’à mois de faire 30 km, tu ne trouveras aucune vitrine par ici ( sauf celle du coiffeur pour homme qui manie la tondeuse comme pas deux)
    Chez mes parents , je me fais régulièrement avoir par la graisse de canard ( bien oui, ce n’est pas de la viande)…

    • Héhé ! Tu as raison, je généralise trop à coup de « la France, la France » ^^ Il faut dire que quand je viens en France c’est Paris et Nice, donc grosses villes pleines de vitrines ! La prochaine fois, j’irai dans le Poitou 😉

  2. J’allais réagir comme Mamapasta : Paris est quand même particulier par rapport à l’offre commerciale et moi aussi je me ruine dès que j’y mets les pieds (mais je connais bien alors j’ai mes habitudes, mes boutiques, et une liste de course de plusieurs kilomètres)

    Pour ce qui est du végéta*isme en France alors là je suis 100% d’accord avec toi ! Au pays de la « gastronomie » manger différemment est vraiment mal perçut et mal compris. C’est un affront à notre patrimoine (lol). En Angleterre, Allemagne ou Italie, c’est déja beaucoup plus cool. Je reviens du Nicaragua et je n’ai eu aucun problème à y manger VégéR même sans parler espagnol (esta vegetariana est tout ce que je sais dire, lol) Pas une seule fois on ne m’a mis du jambon ou du poisson dans l’assiette. (Cha n’a pas eu cette chance à Cuba : http://blog.chabd.com/images/servegetariana.jpg ) Bon, végéL, j’ai pas essayé faut dire et j’ai pas posé de question sur les graisses utilisées…

    Profites-bien de la dizaine de jours qu’il reste, j’ai un prof à la maison, les vacances passent quand même trop vite !
    Bizzz

    • Pour les restaurants, je ne demande jamais rien, je choisis sur la carte les plats sans produits animaux et si j’ai un doute sur la sauce, par exemple, là je demande. Je n’ai pas eu de problèmes, j’ai toujours trouvé au moins un plat VégéL, après c’est vrai qu’il pouvait y avoir une sauce avec de l’œuf ou de la crème qui n’était pas annoncé sur le menu, mais c’était rare.

      Les vacances, j’en profite !! J’ai 3 mois l’été (4 pour les élèves), je ne reprends que mi-septembre. Avec la chaleur ici, on est obligés, pas de clim’ dans les classes et les ventilateurs sont antiques ^^ Il y a moins de vacances dans l’année, par contre, quelques grands ponts pour les fêtes religieuses et 2 semaines en février.

  3. Maria Says:

    Il y a une chose que je n’arriverais décidément pas à comprendre.
    Quand on a des convictions, qu’on refuse l’exploitation animale, comment peut-on tout « simplement » mettre ses convictions au placard et accepter de manger de la viande? Comment peut-on tout laisser tomber « pour une fois » à cause du politiquement correct ou du qu’en dira-t-on?
    Quand on a des convictions fortes, et qu’on y croit réellement, ne les assume-t-on pas partout et tout le temps?
    On n’est pas végétarien ou végétalien juste quand ça nous arrange, on n’a pas des convictions seulement quand c’est facile. On en a ou on n’en a pas.
    Je trouve cela tellement dommage de renier ses convictions, son combat, face aux autres, parce qu’on n’a « pas envie de devoir expliquer » ou qu’on n’a pas envie de froisser les susceptibilités.

    • Lilou Says:

      Ooops, votre commentaire était parti directement dans les indésirables ; faut croire que le site est capable de comprendre quand un commentaire n’est pas d’accord avec moi… 🙂

      Je comprends votre point de vue, et peut-être qu’un jour mes convictions seront assez fortes, comme vous dites, pour que je les assume en toutes circonstances. Pour l’instant, apparemment elles ne le sont pas. C’est peut-être parce que j’ai tellement d’opinions différentes des autres et que j’ai l’habitude de ne pas les exprimer systématiquement ; c’est peut-être de la lâcheté ou un manque de confiance en moi. Probablement un peu de tout ça.

      Mais voilà c’est comme ça que je fais, mais si je comprends que ça puisse paraître incohérent à certains.

    • Personne Says:

      Réponse simple : C’est la pression sociale, l’immersion dans un monde viandard. La force des convictions vient, pour beaucoup de monde, petit à petit. On apprend à dire non, à savoir le dire, sans forcément aller directement au conflit. (D’ailleurs, aller directement au conflit, ça n’est pas forcément productif, si on veut influencer et changer le monde.) Et le fait d’être immergé dans un monde carniste émousse considérablement la capacité de garder constamment à l’esprit la réalité de ce qu’est la viande. C’est inévitable. On ne peut pas regarder sa famille et ses amis comme des tueurs psychopathes, comme on le ferait en rencontrant un tueur d’humains multirécidiviste, surtout pour une pratique qu’on a soi-même partagée pendant des années. Surtout pour quelque chose de tellement entremêlé avec tout ce qui nous entoure. On ne peut pas s’opposer en bloc à tout ça avec la même force qu’à un criminel isolé. On est obligé d’apprendre plus ou moins progressivement à la faire, d’apprendre à vivre avec toutes ces contradictions schizophréniques, tout en endurcissant sa conviction éthique, en n’oubliant pas la raison initiale et profonde de notre choix.
      Et il arrive même, que oui, certaines personnes (que j’espère rares) après quelques années de véganisme, finissent par craquer et se relaissent lobotomiser par la pression sociale et ce système absurde qui phagocyte tout. Mais voilà, l’humain est comme ça. Social. C’est loin d’être évident pour tout le monde.

      • Lilou Says:

        Merci Personne (euh, Ulysse, on t’a reconnu ^^) pour cette réponse largement plus élaborée que la mienne et à laquelle je ne trouve rien à ajouter. C’est tout à fait ça et, comme je disais dans mon billet suivant, je prends peu à peu de nouvelles habitudes, j’apprends à dire « non » de plus en plus.

  4. Belgarel Says:

    Tiens, c’est marrant, moi aussi, cet été, j’ai eu un accident. Vers la fin du mois d’Août, j’ai mangé du beurre. Le coup typique de « Tu es sûr que cette tarte maison-autoproduite est 100% végétale ? » à la moitié de la part.
    Hé bien, le beurre, en repensant au goût de cette tarte, y’a pas à dire, c’est bon ! Mais bon, même si j’ai vraiment essayé, j’ai pas voulu terminer ma part…

    C’est marrant, ce que tu dis, Personne, quand tu expliques qu’on cherche à ne pas voir notre entourage comme des psychopathes…Moi, je le fais beaucoup, par moments ; mais c’est plutôt la notion de psychopathe que je remets en cause : au fond, n’avoir aucun respect pour la vie, l’altérité, la douleur, tuer à la chaîne sans éprouver la moindre émotion, ce n’est peut-être pas si anormal que ça. L’omnivore est un psychopathe qui ne sait pas qu’il en est un ; moi, je suis un lâche qui ne lutte pas assez contre ce monde de tarés ; et le psychopathe, ben…j’aimerais pas être tout seul avec lui 😛

    Je ne conçois pas non plus comment quelqu’un qui a conscience de la question animale, et a donc de temps à autre des sentiments similaires, peut trahir ses convictions en végétarien raisonnable.
    Mais bon, je comprends aussi l’effet-troupeau et l’effet-habitude, dont je suis moi-même victime, dans un autre combat qui ne me mène pas à penser que je suis entouré d’Hannibals Lecters (plutôt, à la rigueur, d’esclaves heureux de financer la destruction de leurs propres libertés, ce qui est presque un peu moins grave) : le logiciel libre.

  5. justine Says:

    Tu as tellement raison etant vegetarienne en transition pour etre vegetalienne y a des trucs qui m’agacent quand tu dis que t es vege et qu’on te donne du poisson ou du jambon ou du foie gras meme ,t as envie de dire tu te fous de ma gueule ? c est vraiment incense et pareil ma tante me dit oh moi aussi je suis vegetarienne : elle mange de la viande a tous les repas alors faut pas de moquer du monde non plus.
    Ton blog est vraiment super, j’adore. Je continue ma lecture 🙂


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