"Ceci n'est pas une rose"

Ne me collez pas d'étiquettes

Précision sémantique 11 avril 2012

Filed under: Uncategorized — Lilou @ 23:55

Bon, voilà, il faut que je vous fasse un aveu : je ne suis pas une VRAIE végétalienne. En effet, je continue à consommer du miel. Celui-ci étant un produit d’origine animale, en consommer n’est pas très végétalien… Bon, quand on va sur l’association végétarienne de France consulter l’article proposant de devenir végétalien, ils ne parlent pas de supprimer le miel. Souvent, c’est dans les articles à propos des végans qu’on parle de refus de consommer du miel. Toutefois, suite à la lecture de l’article de PandaVG sur la sémantique et une remarque d’une connaissance virtuelle, je me résous à corriger l’étiquette que je me donne en « sympathisante végétalienne » ( j’aurais pu dire végétarienne à tendance végétalienne mais je trouve ça plus moche ).

Pourquoi je continue à consommer du miel ? Parce que je n’ai pas encore été convaincue qu’il implique une exploitation des abeilles inacceptable. Bien sûr, dans le cas où les ruches sont brûlées l’hiver, je suis choquée, mais ce n’est pas le cas du miel bio que je consomme. Je continue à me documenter à ce sujet et je peux toujours changer d’avis, mais je préfère changer mon étiquette en attendant.

Et vous, amis végétaliens, mangez-vous du miel ou non ? Pour quelles raisons ?

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7 Responses to “Précision sémantique”

  1. Belgarel Says:

    Moi, sitôt végétarien, je me suis orienté vers le végétalisme, tout d’un bloc.

    « je n’ai pas encore été convaincue qu’il implique une exploitation des abeilles inacceptable »
    Exploitation des abeilles, indubitablement. Faire travailler une population, puis, par la force ou par la ruse (en l’occurence, par la ruse, puisqu’il s’agit de déjouer l’intelligence collective et orgasinationnelle des abeilles en les enfumant), leur subtiliser le produit de leur travail en leur laissant juste ce qu’il faut pour survivre, moi j’appelle cela de l’exploitation. Alors, certes, les pertes en abeilles sont, si la ruche est bien gérée, quasiment nulles ; le travail des abeilles n’augmente pas du fait de la diminution de leurs ressources ; mais l’exploitation n’est pas le meurtre : c’est le vol.
    J’ajouterai en outre que les abeilles vivent dans une zone de non-droit du travail 😛

    Inacceptable, c’est toute la question de l’antispécisme dès qu’on s’aventure au-delà du monde merveilleux des vertébrés, ou tout simplement des mamifères. Du point de vue de l’abeille, je ne saurais rien affirmer.
    En revanche, du point de vue de l’homme, l’apiculture participe d’un schéma général de rentabilisation de la vie animale (considérée comme une machine biologique), de monétisation etc ; en outre, le contrat est encore une fois univoque. Aussi, c’est parce que je refuse de considérer l’abeille comme une simple usine à miel pour les humains que je ne consomme pas de miel.

    L’apiculture n’est peut-être pas un mal en soi. Elle n’est certainement pas un bien. Elle appartient à un système que je désapprouve.
    Après, je n’oserais pas dire qu’on est une « fausse végétalienne » si l’on est volontairement indifférent à la consommation de miel. On est une végétalienne qui a réfléchi à la question.
    C’est d’ailleurs étrange, je me demandais comment forger un mot « miel-végétalienne », et que je suis rendu compte que le préfixe n’existait tout simplement pas. Marrant. Cela cacherait-il un certain malaise végan ?

    Dernière chose : un végétalien peut avoir de bonnes raisons de consommer du miel, non ? J’ai croisé sur doctissimo l’argument écologique : observer, préserver une espèce centrale dans l’écosystème. Étant donné que je suis devenu végé par la porte « écologie », je laisse ouverte la porte du miel. Mais si je venais à consommer du miel pour ces raisons (car après tout, rémunération économique ne signifie pas en soi mal absolu), je ne prendrais pas l’étiquette « sympathisant végétalien », puisque je me démarquerais, sur la seule question du miel, du végétalisme classique : je chercherais plutôt un odieux préfixe du style « melo-végétalien »

    • Oui, j’avais pensé à miello-végétalienne, mais c’est moche ! J’aime bien ma nouvelle étiquette, moi 😀

      • Belgarel Says:

        flexitalienne ? Pas exact, ça désignerait plutôt quelqu’un qui consomme occasionnellement des œufs / du lait / du miel par goût, pas quelqu’un qui consomme du miel pour des raisons sérieuses…

        Sinon, j’ai encore cherché, c’est à désespérer : mel en grec, melum en latin, mel en portugais ; ou bien diphtongué (miele, qui est très laid, en espagnol). Enfin, je pense avoir trouvé un préfixe simple et pas trop laid :
        méli-végétalien
        Alors certes, c’est pas ce qu’il y a de plus transparent : méli, ça fait méli-mélo. Mais la première fois que j’ai croisé le terme « pisco-végétarien », j’ai aussi tiré une drôle de tête, et pourtant, j’avais bien fait du latin !

        Mais bon, si tu aimes ton étiquette, ça va aussi ;p

  2. Belgarel Says:

    Reblogged this on belgland and commented:
    Méliphagie et engagement végétalien sont-ils invonciliables ?

  3. Disons que si ma considération est la sémantique, il faudrait que je m’applique une étiquette correcte quand même, sinon autant continuer à me dire végétalienne et considérer que ma consommation de miel n’est pas assez significative pour être en contradiction avec le végétalisme.

    Merci pour le reblog, ça m’intéresse vraiment de savoir ce que d’autres végétaliens en pensent.
    Au début, il me semblait que le miel n’était pas forcément exclu du régime végétalien mais que ça relevait plutôt du véganisme. En effet, le miel n’est pas vraiment un produit animal, il est végétal mais produit par des animaux. Donc son exploitation est sur le même niveau que l’exploitation de la laine ou de la soie. D’un autre côté, c’est différent car le miel ça se mange, donc ça devrait concerner les végétaliens aussi.

    • Belgarel Says:

      Ben justement, je crois que « sympathisante végétalienne » n’est pas correct parce que :
      -ça n’implique pas que tu sois 100% végétarienne
      -ça ne dit pas que tu ne consommes pas de lait ni d’œufs
      -ça ne mentionne pas la question du miel

      « En effet, le miel n’est pas vraiment un produit animal, il est végétal mais produit par des animaux. »
      La pensée m’a effleuré aussi, mais je pense que c’est absurde. Car bon, si le miel c’est un végétal transformé par un animal, à ce comte-là, la viande l’est aussi : en effet, le muscle est un végétal produit par des animaux. Et pareil pour le lait, les vaches digèrent l’herbe et des organes fabriquent le lait.
      Il faut avouer : les abeilles gardent le pollen, le transforment à l’aide de plusieurs enzymes, et le recrachent, l’échangent, s’en servent pour nourrir leurs petits…Ce n’est pas parce que l’échange se fait toujours par voie orale que le miel n’a pas le même statut que le lait.

      Personnellement, je ne sais pas comment bien distnguer les « niveaux d’exploitation », mais je ne mettrais pas la laine (qui après tout peut être obtenue sans exploitation…enfin, peut-être est-ce impossible si on veut assez de qualité pour faire un tissu, je ne suis pas éleveur de moutons :P) et la soie dans le même panier (j’ai pas encore réfléchi sur a soie, mais je doute que là des motivations écologiques puissent me convaincre d’en acheter ^^).
      Ce qu’il faut retenir, à mon avis, c’est quand même la spécificité de chacune de ces exploitations. Aucune n’a les mêmes incidences sur les animaux, les mêmes arguments pour ou contre. Et il n’y en a pas une qui soit « moins grave » que l’autre. Simplement, il y en a peut-être qu’on pourrait peut-être légitimer par un intérêt réciproque (non pas un « contrat » à l’omnivore, où je te protège donc je te tue, mais dans le cas des abeilles, la protection de l’espèce et de l’environnement…ou les animaux domestiques : je prends soin de toi, mais je te bride, et on échange de l’affection…ou des toilettes à asticots, les exemples ne manquentpas) – auquel cas, plutôt qu’une exploitation, on aurait une symbiose.
      Je sais que j’ai dit que l’apiculture était indubitablement une exploitation, mais j’avoue que l’argument écologique me laisse perplexe…

      • Bon, faut absolument que j’approfondisse cette histoire d’exploitation animale parce que je suis encore dans un schéma de pensée très omnivore. Et puis ça vaut le coup de faire un article !


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