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Les animaux et la science 12 février 2012

Filed under: Café philo — Lilou @ 15:13
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Je ne suis pas scientifique, je n’ai pas accès aux laboratoires et par conséquent mon but n’est pas de dénoncer quoi que ce soit, ni de m’indigner. Je suis juste un quidam, je prends des médicaments quand je suis malade, je regarde les documentaires à la télévision. Ma vision des choses est donc à la mesure de cela.

Au sujet des tests en laboratoires sur animaux, je pense que beaucoup a déjà été dit, des règlements ont été mis en place. Je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que je me pose toujours une question : si nous estimons que certains tests ne peuvent pas être réalisés sur des êtres humains en raison des souffrances qu’ils entrainent, pouvons-nous vraiment accepter que cette souffrance soit faite à des animaux ? Je ne suis pas fondamentalement contre les tests sur animaux, mais je pense qu’on ne devrait pas faire de différence entre les animaux non humains et les humains. Que les animaux utilisés pour la science soit traités comme le sont les humains, qu’on ne sacrifie pas leur vie pour la science et qu’à côté de ça ils puissent vivre une existence qui réponde à leurs besoins naturels.

Mais si j’écris cet article à la base, ce n’est pas pour réagir sur les tests en laboratoire. En fait, cela fait quelques semaines que nous avons découvert que nous captions National Geographic et nous nous sommes mis à regarder des documentaires. Je me suis mise à lire quelques articles sur la souffrance des animaux également. Et là, j’étais frappée par un certain paradoxe : ces documentaires sont faits pour améliorer notre connaissance des animaux, en général ils sont réalisés par et pour des amoureux du règne animal, pourtant je n’ai pas eu l’impression qu’on se pose beaucoup de questions sur le ressenti des animaux.

J’ai lu un article sur le ressenti de la douleur par les poissons. Très intéressant et qui aboutit à la conclusion qu’à l’instar des mammifères les poissons ressentent la douleur. Mais comment réaliser une telle étude ? Il n’y a pas d’autres solutions que de faire mal à des poissons et d’analyser leur réactions. Et là, je me dis : est-ce vraiment nécessaire ?

A-t-on besoin de faire souffrir un enfant, un handicapé ou un muet pour être sûr qu’ils souffrent ? Argument complètement excentrique, mais je le présente quand même : quand des extra-terrestres à la technologie plus avancée que la nôtre viendront ( si ce n’est pas déjà fait ) sur Terre et auront envie d’en savoir plus sur notre espèce, aimerions-nous qu’ils pratiquent sur nous la science comme nous la pratiquons sur les animaux ? C’est un peu la Planète des Singes : si une espèce plus évoluée que nous apparaissaient et que nous nous voyions reléguer au rang d’animaux de laboratoires, serions-nous satisfaits des normes que nous pratiquons ?

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3 Responses to “Les animaux et la science”

  1. Belgarel Says:

    « certains tests ne peuvent pas être réalisés sur des êtres humains en raison des souffrances qu’ils entrainent » ==> Il me semble que c’est pas tant une question de souffrance que de jouer avec la vie et la santé des humains. En gros, faudrait être psycopathe pour considérer une centaine d’humains comme une « population », un « échantillon » sans être à peu près sûr qu’on n’est pas en train de les tuer.
    Il s’agit d’une barrière culturelle que même les anti-spécistes peuvent avoir du mal à franchir quand on leur parle de trouver une alternative aux tests médicaux sur des populations vivantes, entre le in vitro et le test sur des humains. À moins d’être des psycopathes :p

    « J’ai lu un article sur le ressenti de la douleur par les poissons. » ==> Cahiers antispécistes, hein ? XD

    Note, connaître mieux le règne animal ne passe pas nécessairement par la souffrance. Même dans un environnement asceptisé et entièrement conditionné, je serais bien en peine d’affirmer mordicus que les animaux souffrent, qu’ils ont besoin de liberté, d’un monde naturel (comme si les pigeons étaient « faits », par exemple, pour se percher sur les gouttières).
    Quant à savoir si la science permet d’enfreindre la morale…ma foi, je n’oublierai jamais que la médecine occidentale s’est fondée et se transmet encore de nos jours par la dissection de cadavres (c’est à ce passe-temps de violeurs de tombes qu’avaient quelques fondus de Frankensteins que nous devons nos connaissances actuelles du monde humain). Et à l’époque, découper un bonhomme qui n’était pas d’accord (en fait, c’est encore le cas de nos jours) pour montrer aux étudiants que dedans y’avait ce truc rouge et ce truc rouge, c’était à s’évanouir d’indignation.

    « si une espèce plus évoluée que nous apparaissaient et que nous nous voyions reléguer au rang d’animaux de laboratoires » ==> Chuuuut, il ne faut pas leur dire qu’on a compris…

  2. Oui, je sais, « ils » nous écoutent, faut être discret 😀

    Pourquoi jouer avec la vie des animaux si jouer avec la vie des humains ça nous semble amoral ? Tout ce que je dis, c’est qu’on place la santé humaine au-dessus de tout. Certes, la survie de l’espèce est importante ( avouons qu’on est loin de l’extinction quand même… ), mais à quel prix ?

  3. Belgarel Says:

    « on place la santé humaine au-dessus de tout. Certes, la survie de l’espèce »
    Je ne pense pas que les problèmes soient immédiatement liés dans l’éthique médicale. La santé humaine, c’est avant tout sauver des vies, guérir des individus, ou atténuer leurs souffrances. La survie de l’Espèce, c’est bon pour I am a Legend.
    C’est justement ce qui rend le problème gênant : la médecine, la loi, la religion, ont rendue sacrée entre toutes la vie humaine. On en vient à définir la vie humaine comme une hyper-vie : « tu ne tueras point » n’empêche pas qu’on pêche des poissons dans la Bible, « la vraie vie c’est la vie remémorée » disait Proust (vie proprement humaine) ; tandis que les animaux restent vivants dans un règne à part, dans le règne de Mère Nature ou de l’Évolution, avec les cailloux, hors de toute culture, comme des machines qui ont eu la chance d’apparaître – mais pas la même chance que l’espèce humaine, forme de vie intelligente dont l’existence est un miracle : la chance des animaux est comme mécanique…
    Oui, lire Proust ne me réussit pas…

    « Pourquoi jouer avec la vie des animaux si jouer avec la vie des humains ça nous semble amoral ? »
    Mais t’as fini de poser des questions gênantes ? Puisque je te dis que c’est une barrière culturelle que même les anti-spécistes ne peuvent passer !
    J’avoue que l’image de la barrière n’explique rien XD
    C’est comme, au fond, de poser la question : vaut-il le coup de tuer un humain pour sauver deux agneaux ? Si un antispéciste répond « oui », c’est soit un hypocrite, soit un terroriste anti-spéciste (j’essaye de m’imaginer : lol) – parce que s’il est vraiment sincère en disant cela, il n’a plus qu’à travailler à l’extermination immédiate de l’espèce humaine.

    Je crois avoir un embryon d’explication à ce paradoxe.
    Pour le spéciste, une vie humaine est sacrée, et les autres vies respectables, mais en tant qu’effet de Nature. L’anti-spécisme est-il la désacralisation de la vie humaine, ou le sacre de toute vie ?
    Aussi, quand le but ultime est de sauver des vies, et qu’on en sacrifie d’autres, là où un spéciste sacrifie des bêtes à l’autel de la Vie Humaine, l’anti-spéciste se retroue à voir sacrifier un Dieu à son propre autel. La forme est peut-être marquée par le spécisme (le fait que les bourreaux sacrifient certaines bêtes à d’autres), mais sur le plan éthique, il me semble que l’anti-spéciste est confronté à un paradoxe irréductible qui remonte aux racines mêmes de l’anti-spécisme.


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